Trois trompes
Entendre Jaques Jouet présenter son livre Trois pontes : « Il faut prendre au mot les coquilles typographiques, par exemple celle-ci, lue un jour dans un journal : « Les Trois contes de Gustave Flaubert sont l’un des sonnets de la littérature universelle » ».
Intituler un recueil Trois trompes.
Écrire 3 sonnets idoines.
1 - De fil blanc
Trois tontes sont un des bonnets
de filature universelle.
Vous les tenez
par la ficelle.
Bonnets de laine il va de soi,
bonnet de soie à mailles pleines,
mon front sua
d’ardus problèmes.
Bonneté que déduit-on du
mouton blanc ? Blanc mouton tondu
fut donc son frère.
Et du troisième il fallut qu’on
- n'allez pas braire -
tirât le blanc fil du cocon.
2 - Trop de fruit nous alourdit
Trois fontes sont un des sorbets
de la glaçure universelle ;
dès qu’absorbés,
elle ruisselle.
Sorbet de haricots aux noix,
sorbet du fruit à la peau mate
que les Nahuas
nomment tomate.
La sorbetière a tout glacé
mais Pachacamac courroucé
- Médée en pire -
fondit le sorbet d’avocats
pris au vampire,
exsangue dessert des Incas.
3 - Coquille de Triton
Trois pompes sont un des chromés
de tubulure universelle.
Allegro mets-
-y la vaisselle.
Trois conques sont un des cornets
d’une embouchure de crécelle,
conduits bornés
à Compostelle.
Si l’un draine par les tuyaux,
l’écho ne parle mais mouille aux
cône et cylindre.
Pompe ou conque, l’autre ouït-on
rire ou s’y plaindre
depuis la bouche du Triton.
Robert Rapilly, dimanche 6 avril 2008, à 14:14 [in Sonnets] 6 commentaires - aucun trackback