Sonnet écartelé
François Le Lionnais, « Un certain disparate » BO 85, parle de poèmes associant « les mots les plus écartés possible les uns des autres » mais dont le tout reste vivant ; FLL se souvient d'un vers parmi ses essais : « Bouddha versait du cidre au flibustier sphérique. » Il s'agit d'aller beaucoup plus loin qu'en non-sense, qu'en fatrasie, faire littéralement le grand écart... Ci-dessous sonnet d'après l'alexandrin de Le Lionnais et, pour contraintes supplémentaires, 1) aucun mot répété, 2) schéma de rimes calqué sur le Sonnet allégorique de lui-même, dit Sonnet en X de Mallarmé.
Beau comme rencontre - Bouddha cousait du cidre au flibustier sphérique : combien poudreux orteil emprès moteur barnum ? Maint cristal arrogeant sa liquide bourrique, quelque ténébrion sculpta félon sternum. Sans chausson patelin ouï barbiturique, glucide l’œil express pataugeait où, magnum, reverdit oxygène entartré d’Armorique et, pour bénigne armoire, enfume jéjunum. Nul béton translucide azimutal n’y plume sept bubons féculents, imprimatur enclume quand moult écartelés se charmeraient lombric. Cyrano s’exsuda strapontin lors anthume parce que, signataire, un cytise émut (sic) certes décubitus surjectif mais bitume.
PS - J'ai modifié « versait » en « cousait du cidre » qui m'a semblé plus grand écart du sens.
Robert Rapilly, jeudi 11 juillet 2013, à 11:36 [in Sonnets] Aucun commentaire - aucun trackback