Nerval en avril
On connaissait ce poème de Gérard de Nerval :
Avril Déjà les beaux jours, - la poussière, Un ciel d'azur et de lumière, Les murs enflammés, les longs soirs ; - Et rien de vert : - à peine encore Un reflet rougeâtre décore Les grands arbres aux rameaux noirs ! Ce beau temps me pèse et m'ennuie. - Ce n'est qu'après des jours de pluie Que doit surgir, en un tableau, Le printemps verdissant et rose, Comme une nymphe fraîche éclose Qui, souriante, sort de l'eau.
Chance inouïe, le syndicat des Producteurs de Poivron de Perpignan, dépositaire d'un manuscrit inestimable, en a fait ce jour don ophyciel au Fonds Farelly : deux strophes oubliées, jumelles de ce même « Avril » ! Soigné par le docteur Blanche à Passy en avril 1853, Nerval vante les vertus thérapeutiques du piment doux :
Le Poivron d'Achéron Le docteur Blanche, - de Passy, Prescrit un bouillon pris ainsi : - Reflet rougeâtre sur l'écume, Avant d'avaler goulûment Scrutez le marc, car il ne ment ; Sage est l'oracle du Légume... Clinique aux patients âgés Puisant Jouvence en potagers ! Maître Queux de soupe subtile, Qu'y nage : - Syrène ou poisson ? Tends-moi l’Assiette à potion, Que traverse un Poivron d'Asile !
Robert Rapilly, mercredi 1 avril 2009, à 10:15 [in Sorbonne] un commentaire - aucun trackback