L’automne est l'unique saison à désinence féminine. Inversons avec les trois autres, prinTEMPS, éTÉ, hivER, le genre des rimes de la Chanson d’automne de Verlaine. Le schéma F-F-M-F-F-M gardera la métrique originelle en 4-4-3-4-4-3 syllabes. Peut-être existe-t-il des précédents à cette imitation ? —

Les notes nettes
des clarinettes
du printemps
bercent nos âmes
d’épithalames
exaltants

L’humeur friponne
du saxophone
de l’été
trouble ton foie
qu’a dive joie
enchanté

Les plaintes lasses
des contrebasses
de l’hiver
hantent ta tête
blême poète
doux-amer

"Fatrasong" = trois fatrasies issues d’une contrainte simple : reprendre la richesse phonétique des rimes initiales (LONGS-vioLONS, auTOMNE-monoTONE, etc.), puis amadouer la folie des vers qui en découlent. —

Aux pantalons
des apollons
qu’on boutonne
le bookmaker
prend sa longueur
de cretonne

Sur l’éloquent
problème Kant
cerne un leurre
d’abois latviens
au nez des chiens
qu’il effleure

Quand je rivais
à des civets
un cloporte
cela colla
ma rissole à
l’extraforte

Contredire Verlaine, le projet d’une "Chanson de printemps" est délicat. On notera ici que "doux" et "douce" se suivent de peu, en se souvenant que le grand poète usait à dessein de répétitions. —

L’oud du printemps
jouit d’instants
que n’abrège
mon fol entrain
dont se cure un
florilège

Tout rubicond
du souffle qu’ont
hors l’espace
nos au-delà
je ris que la
mort s’efface

Tranquille sous
un soleil doux
l’onde douce
frissonne ici
pareille à si
jeune mousse

"Chanson d’une semaine" —

À perdre haleine
bondit Verlaine
le lundi
quand les linottes
coulent des notes
glissandi

Puis il modèle
l’onde charnelle
d’un mardi
la plume au pouce
croquis de rousse
arrondi

Roule une lame
du fond de l’âme
mercredi
il rêve un buste
qu’elle rajuste
au body

Je vous invite
écrit-il vite
dès jeudi
à la bien sage
en son corsage
d’organdi

Il se demande
jour de limande
vendredi
quel chaste jeûne
retient la jeune
Milady

Vienne la danse
après la panse
samedi
chacun de fièvre
et de genièvre
ébaudi

       Mot d’abandon
       sous l’édredon
       ce dimanche
       le saignement
       d’un cœur aimant
       ne s’étanche

Trois strophes palindromes de mots, contrainte compatible avec une syntaxe pseudo-médiévale. —

Armes d’enfer
boutant pleurer
tant de larmes,
larmes de tant
pleurer boutant
enfer d’armes.

Reine sans Lear,
flot à gémir
trop de peine,
peine de trop
gémir à flot.
Lear sans reine.

Lumière sans
reflets bruissants
les libère,
libère les
bruissants reflets
sans lumière.

"Son automne sonotone", inspiré de Gilles Esposito-Farèse. —

Blé sans vainqueur
blessant vain cœur
à l’automne
dans sanglot creux
danse angle ocreux
allo ! tonne

Poe émouvant
poème ou vent
sceau n’est leurre
qui rhum ancien
chiromancien
sonnait l’heure

Laid comme au faix
l’écho mauvais
misanthrope
de-ci de-là
décidé l’a
mis en trope