Avatar de Nerval composé en situation opposée, pendant une insomnie la nuit dernière. Simple contrainte : qu'en filigrane sonore, syntaxique, voire sémantique, transparaisse clairement le sonnet original.

Je suis le comateux — switch off sous l’oreiller —
que berce la verveine au Séjour d’inertie,
qu’alcaloïde exhorte, ô stup ! à sommeiller,
imprégnant mon plumard de molle anesthésie.

Camomille et dodo, matelas infirmier,
j’emploie un narcotique en cuiller assoupie.
Ronfleur qui pionce, un flanc sur le crin du sommier,
je m’affale en ma chambre où l’hypnose roupille.

Suis-je Diafoirus prescrivant doux ronron ?
Sans frein je couche et dors, l’œil oppressé de cerne ;
je me rêve marmotte à l’âge qu’elle hiberne.

Et j’ai, la soie au cœur, roulé le polochon :
avalant, soporeux dans les bras de Morphée,
les vapeurs de l’absence et l’oubli par bouffée.