La mouette est un petit albatros. Réduisons à proportion les alexandrins de L’Albatros en hexasyllabes. Pour contraintes voisines déjà existantes, "la redondance chez Phane Armé" et diverses haïkaïsations oulipiennes...

Pour le fun les marins
attrapent des mouettes,
ces planeurs pèlerins
dessus les goélettes.

Aussitôt sur le pont,
les as de la voltige
atterrent tout rebond ;
leur plumage se fige.

Qui dominait le flot
est frappé d’impotence !
L’un navre son jabot,
l’autre boite sa danse.

L’oulipote est ainsi :
englouti dans sa page
d’oiseau proie aux lazzi
sans l’azur ni la plage.

Le schéma de rimes du Sonnet d’Arvers diffère entre les deux quatrains : A-B-A-B / B-A-A-B.
Ci-dessous paraphrase réduite en hexasyllabes.

Mon for couve contrit
l’ardeur d’un coup de foudre ;
déchirement non-dit
qu’elle en puisse recoudre.

Transparent me résoudre
au parage fortuit
m’a jusque fin réduit
ignoré, pauvre en outre.

Tel caractère accort
n’entend souffler d’accord
éperdu sur la voie.

Sa vertu ne connaît
assez de ce sonnet
pour qu’elle y s’entrevoie.

Au passage, passons ce sonnet d’Arvers à la moulinette d’une autre contrainte, faire défiler les mots ou les idées en ordre inverse de l’original. Un précédent ici même s’intitulait El Dochadides.

Arvers à revers —

Elle ne comprend pas, cette Dame, l’atour
qui pare le sonnet lu de sa voix bien claire,
fidèlement pieuse à son devoir austère :
elle-même ! par où murmurait mon amour.

Car elle n’entendit — en chemin trop distraite
par ses tendres douceurs d’apanage divin —
rien que j’espérais d’elle, ayant soldé mon vain
bannissement terrestre aux confins de retraite.

Solitaire je fus, près d’elle à chaque instant
sans qu’elle remarquât mon passage attristant.
Elle ignora toujours l’exil qui me condamne.

Mais d’avoir mis sous clé l’incurable pathos,
j’ai cru juste un moment en l’éternel éros
qui crypta mon destin, secrètement mon âme.