Le blogue de Robert Rapilly

Grille blanche

Commande du Journal du Kub pour l'exposition Salir le white de Claude Audouard :

             

SOLUTION —

             

NEREM est une commune belge du Limbourg proche de Verlaine dans la province de Liège.

Mitres de torrents

« Mitres de torrents » est la contrepèterie de « titres de romans ». Ci-après des quatrains tirés par les cheveux excusent (à grand-peine) la moralité qui s'ensuit, contrepèterie ou calembour.

Devant le lieutenant Robert,
parmesan, non point camembert,
embaume l’enivrante haleine
d’une passagère sirène.

Moralité :
La charmeuse de tram

Solution :
La Chartreuse de Parme (Stendhal)

————

Léon avertit Anna : « Gare
à toi sur les quais de la gare :
qui prend le train (pas en dedans
mais de face) y casse deux dents ! »

Moralité :
Arène à canines

Solution :
Anna Karénine (Tolstoï)

————

La charcutière de Balbec
régalerait le plus fin bec.
La peau de cochon qu’elle dore
dans le feu vif, Marcel adore.

Moralité :
Du sauté de chez Couenne

Solution :
Du côté de chez Swann (Proust)

————

Boris, en dépit que tu rotes,
avale ta part de carottes ;
la mine aimable et l’air rangé,
vois ce beau visage orangé !

Moralité :
Légume des joues

Solution :
L’Écume des jours (Vian)

————

Le temps, Léonard devin s’y
glissera vaste ou rétréci.
Ce récit — Le Tellier raconte —
a fait sourire la Joconde.

Moralité :
La Mona lit

Solution :
L’Anomalie (Hervé Le Tellier)

————

Emma harangue (éléphantesque,
sa voix de maquignonne) : « Eh, ce que
tu as d’appétissants attraits,
taurillon à roustons castrés ! »

Moralité :
Madame Veau barrit

Solution :
Madame Bovary (Flaubert)

————

Que régurgite-t-il, Marcel ?
Un fruit gluant déchu du ciel,
diable à deux bosses qui rumine
pas loin du Bar de la Marine.

Moralité :
La poire-démon-glaire / le chameau de ma terre

Solution :
La Gloire de mon père / Le Château de ma mère (Pagnol)

————

Ernest se balade en bagnole,
mais ça cloche en zone espagnole.
Où des Michelin, des Dunlop
tiendraient le cap, son pneu fait flop.

Moralité :
Hutchinson l’éclat

Solution :
Pour qui sonne le glas (Hemingway)

————

Antoine aquarelle un agneau,
gaspillage illicite en eau.
Roland, sergent de Charlemagne :
« Coincé sois-tu jusques au bagne ! »

Moralité :
Le Preux t’y pince

Solution :
Le Petit Prince (Saint-Exupéry)

————

Blafards pelages de wassingues,
la nuit tous mes félins sont dingues.
C’est l’aphorisme russe et kitch
de Fiodor Mikhaïlovitch.

Moralité :
Gris mes chats déments

Solution :
Crime et Châtiment (Dostoïevski)

————

David Herbert parmi les ombres
payait encor l’ire de Londres.
Pleine lune, des mistigris
sur sa tombe feulaient longs cris.

Moralité :
L’amende — les dix chattes hurlaient

Solution :
L'Amant de lady Chatterley (D. H. Lawrence)

————

Dernière chope, ultime mousse,
si je mens je vais en enfer.
Marre de hoqueter : Mathews
tronçonne le pied de son verre.

Moralité :
Las d’hips Harry sciant
          
Solution :
La Disparition (Perec)

————

Elvis décompresley

.

Alignons une séquence de phonèmes :
r u l u l t i m i d r o k r a f t ,
puis intercalons-y des E toniques :
ErEu l u lEt i m i dEr o kEr a f tE

Telle opération a pour double effet
de nous rappeler qu’un infime cours
d’eau a charrié une pâte de robuste
papier dont le froissement enchanté
évoque un cri de chouette répondant
à Elvis Presley rougissant & ulcéré
et de décompresser l’hexasyllabe en
dodécasyllabe de précise prosodie :

Ru, l’ultime hydro-kraft
heureux hulule : timide rocker aphteux !



Un premier vers = 16 syllabes
sera phonétiquement compressé
en 10 syllabes par extraction
de 6 E métriquement comptés :

pEl u fEr é jEa l e t é s è tEo tEr u chEé l é
p l u f r é j a l é t é s è t o t r u ch é l é

Peu lu ferai-je haleter cette hotte-ruche hélée ?
Plus frais j’allaitai cette autruche ailée.



Euler peureux fera penser Kant : « Où feu lèche,
sévit grand froid, colle un slip laid ! »
C’est vigueur en feu Roi qu’au linceul y pelait
l’air preux frappant sécante ou flèche.

Holorimes charcutiers

.

Le jumeau de Raimu se restaure.
Cochonnaille et poisson au menu
du Bar de la Marine. Moralité :

Ton sosie,
César, dîne :
thon, saucisse
et sardine.

———————————————————————————————

Une fille de Victor Hugo hésite
entre deux linceuls suaves : de
Bologne ou de Vire ? Moralité :

La mortadelle ?
Cette andouillette ?
Là morte Adèle
s’étend douillette.

———————————————————————————————

Princesse Stuart, ton luth neuf
accompagne l’amie d’Apollinaire
qui festoie de gras. Moralité :

L’oud est jeune,
Henriette :
Lou déjeune
en rillette.

———————————————————————————————

L’épanoui Pepper fait ripaille.
S’il se savonne le col, ce sera
avec des salaisons ! Moralité :

Ce sergent bon
l’air épaté
se sert : jambon,
lard et pâté.

Mousse aussi son
cou : l’embout d’un
mou saucisson
coule en boudin.

———————————————————————————————

Rimes hétérosexuelles croisées,
vers en 4-3-4-3 syllabes. Comme
quoi, panards dans un potage au
lard, la bru rêve et transpire.

Soupe au pied tel
son jésus
sous paupiette, elle
songe et sue.

Benoît le Retour

.

L’Université de Pérouse développe depuis 2002 une caméra
à amplification lumineuse, machine combinée à un aéronef
hypersonique télécommandé. Ce "laser-drone", à l’origine
expérimentation hasardeuse, révéla vite pour stupéfiante
propriété de raviver le passé des zones survolées : vues
précises d’Ombrie médiévale, les écrans ont pu cerner la
réapparition du champion historique local, Saint Benoît,
que l’équipe scientifique a baptisé "as revenu" : tenant
tout nu sa plume, il note au clair de la lune quel Ordre
désormais pèsera lourd sur les monastères bénédictins...

Retenir que les rétro-photographies de Benoît en font le
sosie de Paul Verlaine, à se demander si le Poète ne fut
pas réincarnation du Saint ? Et un des clichés le montre
détaillant la Règle au moment de la none, office crucial
de la neuvième heure. Y déroger exposerait aux tourments
de la damnation, dont un véridique supplice de pal après
s’être fait ramollir la peau en une bouilloire infernale
d’acétone. Mais n’oublions pas cet énoncé consolateur de
Benoît, comme quoi il nous faut revenir à l’initial sein
nourricier, celui d’Ève qui est mère de toute humanité !

Telle logique de retour, telle gémellité avec Verlaine :
tout invite à répéter même chronique en un sens inverse,
qui calque la prosodie de la "Chanson d’automne" et dont
les deux strophes-cantiques soient des palindromes. Rbt_
Énoncé — Va
laper Éva !
l’acétone
en ôte cal
avéré, pal
avec none.

En Ordre sa
lune versa
d’une tonne.
Ben note, nu
d’as revenu :
laser-drone.



La règle bénédictine prescrit qu’on plante
du persil dans les potagers de monastères.
Saint Benoît en usait en toute situation :
à cheval, au lit, en présence de disciple.
Les moines assimilent le persil à un jeton
qui ouvrirait la porte céleste, conjecture
qu’évidemment le démon Éblis aura réfutée.
Note j’ai du persil
Benoît alerte-t-il
selles, lit et relation
Éblis répudia jeton
Quatrain palindrome / 6-6-8-8 syllabes / 66
lettres / Ta bénédictine bénit Cid en ébat.

Holorimes bilingues

Il n’est loin de raideur penaude
En toquade qui baguenaude.

Sad is straight
Ça distrait

—— ——

Transcendantal idéalisme
Et zygomatique haschisch
Font paraître la Dame à pic
Du siège de l’anglicanisme.

See Lady straight Canterbury
S’il est distrait Kant herbeux rit

———— ——

Chaque fois que Jean-Sébastien
Le soir regagnait sa masure,
Il rattrapait un fier maintien
En serrant sa large ceinture.

Back home again
Bach homme à gaine

———— ——

D’un couple d’exquis vers je l’ai
l’agent secret manche à balai.

James Bond is stick
J’aime ce bon distique

—— ——

Au revoir Circus : nous sifflâmes
qu’un loyer aux amères lois
mordit — sans égal Messieurs-Dames !
autant de plumards que de doigts.

We whistle good bye Piccadilly
Oui oui ! seul le goût de bail piqua dix lits

Chanson de 3 saisons / Automne holorime

L’automne est l'unique saison à désinence féminine. Inversons avec les trois autres, prinTEMPS, éTÉ, hivER, le genre des rimes de la Chanson d’automne de Verlaine. Le schéma F-F-M-F-F-M gardera la métrique originelle en 4-4-3-4-4-3 syllabes. Peut-être existe-t-il des précédents à cette imitation ? —

Les notes nettes
des clarinettes
du printemps
bercent nos âmes
d’épithalames
exaltants

L’humeur friponne
du saxophone
de l’été
trouble ton foie
qu’a dive joie
enchanté

Les plaintes lasses
des contrebasses
de l’hiver
hantent ta tête
blême poète
doux-amer

"Fatrasong" = trois fatrasies issues d’une contrainte simple : reprendre la richesse phonétique des rimes initiales (LONGS-vioLONS, auTOMNE-monoTONE, etc.), puis amadouer la folie des vers qui en découlent. —

Aux pantalons
des apollons
qu’on boutonne
le bookmaker
prend sa longueur
de cretonne

Sur l’éloquent
problème Kant
cerne un leurre
d’abois latviens
au nez des chiens
qu’il effleure

Quand je rivais
à des civets
un cloporte
cela colla
ma rissole à
l’extraforte

Contredire Verlaine, le projet d’une "Chanson de printemps" est délicat. On notera ici que "doux" et "douce" se suivent de peu, en se souvenant que le grand poète usait à dessein de répétitions. —

L’oud du printemps
jouit d’instants
que n’abrège
mon fol entrain
dont se cure un
florilège

Tout rubicond
du souffle qu’ont
hors l’espace
nos au-delà
je ris que la
mort s’efface

Tranquille sous
un soleil doux
l’onde douce
frissonne ici
pareille à si
jeune mousse

"Chanson d’une semaine" —

À perdre haleine
bondit Verlaine
le lundi
quand les linottes
coulent des notes
glissandi

Puis il modèle
l’onde charnelle
d’un mardi
la plume au pouce
croquis de rousse
arrondi

Roule une lame
du fond de l’âme
mercredi
il rêve un buste
qu’elle rajuste
au body

Je vous invite
écrit-il vite
dès jeudi
à la bien sage
en son corsage
d’organdi

Il se demande
jour de limande
vendredi
quel chaste jeûne
retient la jeune
Milady

Vienne la danse
après la panse
samedi
chacun de fièvre
et de genièvre
ébaudi

       Mot d’abandon
       sous l’édredon
       ce dimanche
       le saignement
       d’un cœur aimant
       ne s’étanche

Trois strophes palindromes de mots, contrainte compatible avec une syntaxe pseudo-médiévale. —

Armes d’enfer
boutant pleurer
tant de larmes,
larmes de tant
pleurer boutant
enfer d’armes.

Reine sans Lear,
flot à gémir
trop de peine,
peine de trop
gémir à flot.
Lear sans reine.

Lumière sans
reflets bruissants
les libère,
libère les
bruissants reflets
sans lumière.

"Son automne sonotone", inspiré de Gilles Esposito-Farèse. —

Blé sans vainqueur
blessant vain cœur
à l’automne
dans sanglot creux
danse angle ocreux
allo ! tonne

Poe émouvant
poème ou vent
sceau n’est leurre
qui rhum ancien
chiromancien
sonnait l’heure

Laid comme au faix
l’écho mauvais
misanthrope
de-ci de-là
décidé l’a
mis en trope

"Chanson d’Oscar" : Clémentine Mélois à la manière de Verlaine. —

Blessé Simon
m’alarme — Mon
capitaine !
les Albigeois
ils sont dix fois
la centaine.

Preux encerclés
nous armons les
catapultes.
J’abats vainqueur
ma dague au cœur
des tumultes.

Chef d’ennoblis
mâchicoulis,
je l’étouffe
ce feu bougon
qu’enfle un dragon
sous la douve.

On donnerait
son empire et
sa province
pour le parfum
à qui sniffe un
Chocoprince.

Le goût d’Oscar
penche au nectar
de la fraise.
— Oh ! chevaliers
les vanillés
sont fadaise.

Raymond c'est l'heure

Sources : Perec d'après Proust (Longtemps je me suis couché, mouché, bouché... de bonne heure) et Verlaine (L’heure exquise). Les 12 strophes qui suivent sont un tour d’horloge en résonance avec l’heure, citée à la fois chez Perec-Proust et chez Verlaine. Il y a 12 mots rimes distincts en "-eur(r)e" et 12 verbes à l’impératif en "-vons" (sauf le Raymond final, celui par qui tout est arrivé).

1 —

Afin qu’une oie
donne magret,
confit et foie,
c’est sans arrêt
que l’on l’écœure.
	Gavons, c’est l’heure.

2 —

Tantôt l’on dîne.
Pantagruel
sur sa tartine
enduit du miel
avec du beurre.
	Bavons, c’est l’heure.

3 —

Le vin nous saoule
sous le tonneau,
la grappe coule
rouge son eau...
la vigne pleure !
	Buvons, c’est l’heure.

4 —

Quand on la goûte,
chu sur le dos,
l’ultime goutte
de calvados
est la meilleure.
	Cuvons, c’est l’heure.

5 —

La chose est grave
dans la litho
que le grès boive :
ipso facto
l’encre demeure.
	Gravons, c’est l’heure.

6 —

Noix siccative
par un tuyau,
fraîche lessive
qu’on nettoie au
parfum qui fleure.
	Lavons, c’est l’heure.

7 —

Ô peaux mousseuses
qu’on décape au
pot des valseuses,
ô bains de peau
postérieure !
	Savons, c’est l’heure.

8 —

Jet de grenades.
Soixante-huit
aux barricades,
Gay-Lussac fuit
ce qui l’apeure.
	Pavons, c’est l’heure.

9 —

D’abord service
haut dans les airs.
La balle glisse,
coup droit, revers,
envol et leurre...
	Servons, c’est l’heure.

10 —

On nous enterre ?
Poussons le son !
Le commentaire
de Mendelssohn :
— Gamme mineure.
	Crevons, c’est l’heure.

11 —

Pour filature,
il prit le bus
et la voiture,
puis pédibus
du Havre en Eure.
	Suivons, c’est l’heure.

12 —

Mots de Zazie :
— Ça m’est égal,
mon cul la vie !
L’instant fatal,
faut bien qu’on meure.
	Raymond, c’est l’heure.

.
.
.

Post-scriptum —

Saison des semailles le soir,
Quels pectoraux, il faut les voir !
Mais le brandebourg se dégrafe :
Taffe taffe taffe... épitaphe.

Inspiré de Victor Hugo, ce quatrain peut se traduire dans un esprit voisin de la contrainte de Delmas :

Le geste auguste du semeur,
Le leste buste du frimeur.
La veste juste du chômeur,
La peste fruste du fumeur.

Eddie bûcheron de Thébaïde

.

       Ceci est un conte de Noël modérément optimiste,
       dont la morale sera holorime & calembourgeoise.
       François Caradec, l’oulipien, soutenait que les
       pires calembours sont les meilleurs. En 2021 ça
       nous permet d’encore former nos meilleurs vœux.
EDDIE BÛCHERON DE THÉBAÏDE — conte où apparaît le nombre 2021

Il était une fois dans la cité de Thèbes un vétéran bûcheron, le plus fort et le plus vieux qu’on eût su imaginer. Plus fort que Samson, plus vieux que Mathusalem, néanmoins malheureux homme hélas ! Le grand âge avait chamboulé sa tête, chaque idée lui venait en dépit du bon sens. C’est ainsi que partout on l’appelait Eddie — façon de dire "idée" à l’envers.

En cette époque lointaine, il faut imaginer la Thébaïde couverte d’une jungle si étendue, que le philosophe Diogène la disait à la mesure de la sottise humaine. L’on rapporte que là-bas des foules fanatiques vénéraient le Veau d’Or, icône diabolique à l’image du buffle des marais. Comment renverser pareille engeance ?

Le Conseil des Sages se réunit. À l’issue d’un savant débat, on convoque Eddie, on lui donne mission de dresser un bûcher assez grand pour immoler la monumentale idole païenne. Sans se douter de leur propre folie, les Sages concluent :
— Qu’importe si tes idées vont pieds par-dessus tête, ta force démesurée convient à notre affaire.

Force démesurée, les supposés Sages ne croyaient pas si bien dire. Le bûcheron se met à la tâche, et il ne se trouve bientôt plus un arbre à perte de vue. Pas une bille, pas une branche, pas une ramille qui ne fût rapportée au bûcher promis. Adieu canopée et futaie ! Adieu fraîcheur des mares et clairières ! Adieu buffle sylvestre à robe dorée, ruminant les baies et les feuilles ! D’une verdure luxuriante et de la faune s’y abritant, Eddie n’a laissé qu’un désert à perte de vue, refuge des seuls serpent, scorpion et vague anachorète qui prêche des fables amères.

Tragédie du Veau d’Or. Eddie l’assassin de la forêt aura tantôt tout détruit par la hache. Et par le feu, comme s’il incarnait la main vengeresse du titan Prométhée. La sueur au front, cognée à la main, n’annonce-t-il un barbecue mémorable au soir du grand bûcher ?

— Écoute-moi, buffle doré réfugié sous l’amoncellement de bois séché, tu te consumeras au soleil de Thébaïde, et durant que tu rôtiras, je t’entendrai meugler les péripéties de la jungle disparue. Ta chair imbibée d’histoires n’en sera que plus succulente, mon appétit mieux rassasié, ma sieste plus paisible.

Paisible ? Insatisfait d’avoir rasé la forêt de Thébaïde, il pousse son chantier au septentrion, glissant de Sahara déboisé en Espagne aride, passant les Pyrénées jusques en Vendée. Le voici parvenu au domaine d’un noble vicomte, brasseur de surcroît : le Vendéen.

Eddie ne prend pas longtemps à arriver au château. Il heurte, toc, toc.
— Qui est là ?
— C’est Eddie, le bûcheron, et j’ai grand soif d’avoir abattu… j’ignore combien d’arbres. On m’a dit en chemin que vous brassiez une bière, la meilleure du royaume.
— L’on vous a fort bien renseigné, messire Eddie. Entrez et videz à volonté de mes vastes gobelets de cristal.

Eddie entre et vide son premier gobelet d’une demi-pinte. Le goût l’enchante, alchimie de malt, d’orge et de houblon brassés en la plus pure des eaux minérales. Il boit une autre bière, non sans apprécier les reflets ambrés dans le tube de cristal. Au quatorzième gobelet, il lui semble tenir non plus des chopes, mais de ces frais fagots qu’il débitait jadis sous l’auvent de sa cabane de bûcheron.

Cependant qu'il boit, Eddie le colosse compte les "bûches" de bière du Vendéen.
— 451, Hun quoi ?
— 1244, quand même faut bûcher pour y arriver.
— 1346, peste déjà ?!

Il compte encore.
— 1871, comme un p’tit goût de cerise… pas commune celle-ci.
— 1939, ça fait drôle.
— 1945, celle-là c’est de la bombe !

Il compte toujours, jusqu’à en avoir englouti…
— 2021, peut-être me faudrait-il ralentir. Arrêter ?

Soif étanchée, l’ivresse d’Eddie lui souffle une leçon enfin avisée : va te reposer.
— Je me chaufferai au soleil à la façon de Diogène.
Durant qu’il philosophe sans agitation ni vanité, une première plantule verdoie sur le compost du bûcher abandonné. Nous sommes en Thébaïde, pays où le buffle doré broute tranquille.

RÉSUMÉ EN VERS HOLORIMES —
     Hé ! ce Veau-Tragédie
     est-ce votre âge Eddie,
     killer prométhéen
     qui leur promettait un
     mets à péripétie ?
     Mais sa paix ripe et scie
     deux mille vingt-et-un
     demis "Le Vendéen".

Sol diagonal

Inspiré d'une proposition de Rémi Schulz à la Liste Oulipo, poème en 12 vers où la syllabe "sol" occupe les positions successives de 1 à 12 dans les alexandrins. Vers pêle-mêle recopiés chez Corneille, Cros, Hugo, Mallarmé, Moréas et Sand. La ponctuation a été adaptée à ce nouveau texte, le "Si" conjonction transformé en "Si !" adverbe.

Soleils plus flamboyants, plus chevelus dans l’ombre,
désolés sans l’orgueil qui sacre l’infortune,
où le sol est jonché de paille et de chiffons
aux yeux du solitaire ébloui de sa foi !

Mon théâtre, Soleil, mérite bien tes yeux,
mais non l’horreur du sol où le plumage est pris.
Quand il baigne, mon corps solitaire le glace :
pousses-en jusqu’au bout l’insolente manie...

Je vois des boucliers au grand Soleil reluire.
Si ! ce très blanc ébat au ras du sol dénie
une épaisse verdure opposée au Soleil,
les citrons verts, et la graine de tournesol.


Indications scénographiques revisitées pour Tristan & Isolde.

Soleil tout noir, un absolu désir affleure
au solstice cyan : Isolde implore Orphée
que son solo heurté d’inconsolés soupirs
la déboussole, et que Tristan l’absolve alors.
« Chus en Vélosolex au pied du Mausolée,
laçons la camisole en quoi l’amour se solde ! »

Redoublée, la syllabe "sol" occupe les places successives 1-7, 2-8, 3-9, 4-10, 5-11 et 6-12 dans 6 alexandrins. Rendez-vous à Bayreuth.




Un soc fouille le sol, m’enveloppe et m’isole,
C’est le maître absolu d’un renom bien solide :

Îles au sol désert, lacs à l’eau solitaire
Et des soldats de pierre et des soldats de cuivre.

Absolu dans les cieux, absolu sur la terre,
Solstice ! un juin normand sollicite la glace.

La même contrainte en ordre inverse ("sol" en positions 6-12, 5-11, 4-10, etc.), cette fois en assemblant des fragments volés à Hugo, Corneille, Molière & Quinault.

Hebdovirus

Lundi vocal à Covid nul
(palindrome)

Ce terrible rhume
pis qu’un avatar
plus lourd que l’enclume
médusa le Tzar

Coronavirus sur Ivan, ô roc !



Mardi vocal à Covid ramollo
(ourobindrome)

Baroque rocaille
terrible décor
où le Tzar se caille
et tousse l’angor

Coronavirus sur Ivan, ô rococo !



À mercredi Covid, amer creux, dico vide
(holorime)

Le dieu de lumière
grippe les saisons
mais l’arche solaire
frète tes moissons

Râ coronavirus t’ensile,
raccord au navire-ustensile.



Voici déjà du Covid à jeudi
(anagramme)

Bactérie ogresse
combien tu descends
de pintes d’ivresse
en rongeant nos sangs !

Le coronavirus, carnivore soûl.



Vendre Dive aux caïds vendredi à Covid
(anaphone)

Qu’une épidémie
syncope nos pas
espiègle arythmie
de claquettes jazz

Ce coronavirus
ravisse nos chorus !



Samedi tes fûts Covid ont dit vos culs fétides masses
(palindrome phonétique)

Médor dont on berne
l’esprit aigre-doux
en son for interne
s’enivre de toux

Qui surit vanne au roquet ? C’est coronavirus — hic !



Vadim dimanche : Manchette étale l’alcôve Covid vidangée Jéhovah
(marabout)

Le chant du microbe
corne au fond du champ
patate d’opprobre
et balourd tourment

L’écho coronavirus, rustaud topinambour bourrelé.

Vœux 2020

Cocagne !
— pourvu qu'en l'an deux mille vingt
n'advînt
que la mer fût à la montagne.

      

Haïkuleurs

À la suite du Haïku noir de Gef.

Haïku invisible (2 définitions de la Taulière de l'Appentis)

La télépathie
à savoir sentez les faunes
l’âme agit sans mail
Haïku topaze

La synesthésie
par Vassily Kandinsky
Sonorité jaune
Haïku éclatant

Daphnis & Chloé
on démarre piano
Pan c’est à la fin
Haïku filigrane

Triple homographie
le dieu faune éclaterait
un lambeau de mur

Solution : Pan / pan ! / pan
Haïku grenat

Sauf son boléro
boléro boléro qu’a
composé Ravel ?
Haïku suie (vers 1 et 3 anagrammes)

Peintures abstraites
de Kandinsky tatoueur
traits bistres en peau

Billet fourre-tout

Ci-après quelques poèmes composés depuis décembre 2018. Je ne les avais pas postés, tout occupé à L'Encrier Revanche / Un Voyage d'Envers.



  • En vrac, ceci d'abord dont chaque ligne est palindrome alpha-centré...
   


  • Un paragraphe rigolard sans rapport avec ce qui précède. Contrainte proposée par Lucas Lejeune à la liste oulipo, que les unités de temps soient des aliments :

Je t'ai connue, m'a pas fallu attendre un bœuf pour que tu m'en fasses l'effet. Mais toi, un poulet plus tard, t'avais deviné que je l'étais — précisément planton au commissariat. N'empêche, tu sais que j'suis bonne pâte : une seule m'a suffi — pas même un quart de lapin pour comprendre hier soir que tu m'en avais posé un. S'il te plaît, retiens tes mandales si qu'on se croise, attends au moins un œuf poché avant que de mon œil !


  • Un double quatrain dont le sens s'inverse selon l'ordre de lecture des vers :
Scylla d’échos fatals ô cris
De Charybde au double langage
Fors dans l’ordre de mes écrits
Havre sans récif ni naufrage

Havre sans récif ni naufrage
Fors dans l’ordre de mes écrits
De Charybde au double langage
Scylla d’échos fatals ô cris



Frankenstein dans ce sonnet —

Affiche à Grand-Guignol : Défunts & Possédés,
L’on joue un vaudou-ville où claquent les couvercles
De cercueils entrouverts, trompe-la-mort espiègles,
Éros ex-Thanatos scénar dard et décès.

Pire vent pour vampire à dentier d’enterré,
Grandes morgues soufflez, et grincez vielles vieilles
D’ectoplasme en zombi ! Tous toussent, tu bégayes…
L’extinction des feus c’est la mort au carré.

Sade maudit qu’atroce, après vendredi treize,
Leur samedi quatorze ait trait ventre en détresse.
Visser vice au viscère en démonte minuit.

Sous halo d’un fanal — acte trois, obscène une —,
L’une rousse ô miroir ! lui hèle qu’elle luit :
Scellez nez, Frankenstein, aux glaires de la Lune !

  • Un poème dont les strophes à rimes millionnaires se concluent en contrepèteries gentilles :
Au Tréport ton portrait Fernand Léger ô maître
figure un nez de clown à poupe géomètre
	Tant narine comique
	que marine conique

Afin que le regard y fronce acerbe assez
deux buissons jailliront des cernes herbacés
	La paire de sourcils
	fait source de persils

Vincent pauvre Van Gogh par manque d’aumône aïe
trancha son pavillon et rendit la monnaie
	Lorsque rare l’oseille
	on se rase l’oreille

Buste de marbre antique à quoi morceau manquait
c’est un fou de Socrate il grimace au Banquet
	La démence Platon
	déplace le menton

Magritte philosophe a peint oui-da visages
drastiquement muets cependant d’avis sages
	Suffit gommer les bouches
	pour ne gober les mouches

Un blair a plusieurs noms Capone estompe au nez
une touche exhibant deux profils pomponnés
	Le pif et le tarin
	attifent le parrain

Doré d’après Merlin fit la gravure épique
où Morgane se plaint que son blanc collier pique
	Ouch ! dit la bru du barde
	combien drue est la barbe

Cher facteur idéal oncle d’individus
tes moustache et tignasse en comptent d’invendus
	Cheval non tes neveux
	ne valent tes cheveux

Pour s’éveiller humain qui trie et qui chiffonne
il a clos sa prunelle il s’est avachi faune
	Qui bâche la paupière
	empoche l’abbé Pierre


  • Ça :
Philosophe antibaise
quand tu dis platonique
je vois tes yeux de braise
et j’entends Platon nique

D’abord hippo-thermie
ou fièvre de cheval
ensuite hypothermie
frigo de l’hôpital

Ombre d’Humphrey Bogart
olé gringo ! sachez
que l’hombre Beau Regard
fut Lévitan Sánchez


  • Une petite morale élémentaire portative :
grive grise / poule soûle
           cool

dinde dingue / aigle bègue
            help

       qu’un oiseau corne
       ailé — m’en taire ?
       mon air klaxonne
       morale aviaire

mouette chouette / kiwi cuit
              couic


  • Une strophe...
Ce fripon d’Holgersson sans l’adieu des mouchoirs
a fugué puis revint gentil à dos de jars.
Un philosophe apprit au garnement fantasque :
« Ce que tu crois savoir se planque sous un masque ;
dirait-on un serpent à plumes mais fleuri…
Rideau ! » fit-il enfin. Lors le vieux sage a ri.

... dont le résumé est un palindrome en 55 lettres de gématrie 555 :

Nils a déserté, a obéi.
Démocrite va vêtir :
comédie, boa et résédas, lin.



Rétropédalage rata ta régalade Porter.


  • Sur proposition de Gef à la liste oulipo, des palindromes (légèrement capillotractés ;-) de couples de lettres : N'é / lu / de (...) de / lu / ne :
N’élude série
Pas brune dame d’un bras
Éprise de lune
Tu feras Éon / on sera fétu
Onde ! tu végétaliserais jaune ton,
et un jais rasé lit âge vêtu d’Éon.
Baal ennemi, la décade
de la maille sonorisa
le sarin… Ô soleil malade
deçà delà mine en Alba !


  • Une strophe protestataire imitée de Clément Marot, 29 janvier 2019 :
Lors Castaner, pandore après guignol,
à court de mots a fait parler la poudre.
Entre visage et crachat de flash-ball,
où la vaillance ? où la honte jean-foutre ?
Pour vrai viendra que frappe juste foudre
avec raison, tout de cœur rien de nerf ;
nul boutefeu n’a chance d’en découdre :
lâche fissa ton fusil, Castaner !

  • Des quatrains à moralité palindrome-express phonétique ou orthographique —
Malbrough va-t-en guerre
Fifre rigolo
Ne blague plus guère
Quand ça siffle un do

Drôle de Lord
Sir en ut tu ne ris
Flacon sulfurique
Méridional
Ça vient d’Amérique
Le cocktail fait mal

L’acide médical
Le sec ipéca : sac, épice, sel
Pots du sud stop !
Bicorne revêche
Sous un froid d’igloo
Satyre à la Crèche
Fifre à Waterloo

Noël : ô Pan, ô Napoléon !
Sitôt batterie
tintant carillons
quand on se marie,
tous en chœur rions !

On sonne, noçons !
Couronnons d’obèle
l’imposant Gaulois
dont tant nous emballe
la grâce d’exploits !

Obélix c’qu’il est beau !
La boutique obscure
nous en extrayons
ce clos qui n’obture
l’accès aux rayons

Rêve, verre.
Si la braise couve
comme on l’y couvait
Calimero s’ouvre
follet et mollet

Feu, œuf.
Son sédatif fuse
Sur âme d’ados
Soda de ma ruse
Suffit à Desnos

Amoché a coché et Sélavy va leste
eh Coca ! eh coma !
À l’envers la coulpe
s’apaise à l’hosto
en lâchant la coupe
d’empli cogito.

L’obel rétro pensé trac sédatif fit à Descartes ne porter le bol.
Fructueuse cote
du Maître à Lévy :
asservir la note
sous ré, dessus si.

L’ut obéira, parie Botul.
Voici, prolétaire,
Karl dans son hamac :
mousse de galère ?
marin de kayak ?

Sis s’alite Marx, rame-t-il assis ?
Raison rigolote
un fugace instant,
l’herbe en soi grelotte :
discours excitant !

La brève facétie : Spinoza gèle le gazon ipséité, café verbal.
Le signe du doute,
logique en philo,
déchaîne le couple
qu’on meule au silo.

L’obel Russel-Leibniz-Nizan gagna zinzin : bielles sur le bol.
— Me versé-je et bois-je,
professe Jean-Paul,
des bocks de cervoise
remplis sans faux col !

Sartre se sert ras.
Passe un fabuliste
de vie à trépas
qu’instruit communiste
descend ici-bas.

Ésope se tue, Marx rameuté se pose.
Ce chien de Pontoise
sans Dieu ni rabbin
à la lettre toise
l’hellénisme urbain.

Cergy : Diogène goï d’Y grec.
Capitaine d’Arche
parfois remet-on
d’aplomb l’ivre marche
du Lord Caneton.

Noé dégrise Sir Gédéon.
Lord au nom d’Étoffe
et sujet du King,
d’un Pair philosophe
proie au kidnapping.

Sir Paletot ? Sir Aristote l’a pris.
Un retour de tube
du vilebrequin,
c’est comme titube
trop vert ton rouquin.

Rue ta manivelle tel le vin amateur.
Qu’une maladie éruptive
infecte estrade et tableau noir,
bien vite une dame s’active
paraffiner jusqu’au couloir.

Elle cira véloce l’école varicelle.
Notes sur tablette de cire :
jamais d’ailes sans parasol,
sinon ça fond au point d’occire
le héros d’un épique envol.

Et Icare sera cité.
Le marin s’enivre
Pris d’amnésie aux
Tonneaux du navire
Chez Dionysos

Noé d’oubli t’a-t-il bu, Odéon ?
Puisque je m’égare,
dis-moi, fit le vieil
homme à la camarde,
où le grand sommeil.

Sa perte : le trépas.


  • Des fables-express cartographiques :
Le fleuve a jailli des Rocheuses.
Glisse un kayak au Grand Canyon,
sa coque d’algues accrocheuses
suffit à piéger le poisson.

Moralité : colle au radeau
Pognon de dingue que ça coûte :
que ruisselle un philtre vaudou
qui chloroforme goutte à goutte
cette souffrance sans-le-sou !

Moralité : (souffrance) — (sou) = France
Cyclone dessus la rizière,
les champs de moutarde et de thé...
pauvre Gange, pauvre misère,
tant frappe fort la pauvreté.

Moralité : bang ! la dèche
Quelle ivresse va faire mouche
et triompher à la Scala ?
Pas d’un grand cru, mais de gros rouge
au cul d’un flacon de jaja.

Moralité : hit à lie
À Saint-Jacques-de-Compostelle,
un tailleur pose la leçon :
— Qu’il soit de paille ou de dentelle,
comment se nomme un caleçon ?

Moralité : est-ce pagne ?
Joseph Bologne de Saint-George
escrimeur et musicien
quand il répétait dans sa loge
n’ajoutait ni n’enlevait rien.

Moralité : scène égale
Tête en avant sur le passage
Leninski Prospekt à Moscou,
traverser ne serait pas sage
où le trafic tranche le cou.

Moralité : rue scie
Conspuez la fétide haleine
des gazouillis du Président,
qu’on les siffle, qu’on les malmène
au dam d’un tapage strident !

Moralité : huez ça !
En l’an quarante peut-on croire
le serment d’Adolf et Joseph
qu’aucune puissante mâchoire
jamais n’écrase balte fief ?

Moralité : l’étau nie
Au sauna des landes lapones,
Frigg la reine des taïgas
désirerait que tu savonnes
son dos en transpirant, mon gars.

Moralité : sue ! aide !
Le tabac quand on le mastique
ramollit joliment si l’on
ne crache pas sur l’esthétique
en pays flamand ni wallon.

Moralité : belle chique
Ninjas belliqueux de l’Empire
du Soleil levant, oyons dès
qu’au cœur hoquetterait notre ire
en des aboiements saccadés.

Moralité : jappons
Note à deux cent quatre-vingt-treize
hertz : la seule nuancée où l’
accord pentatonique plaise
à Pyongyang autant qu’à Séoul.

Moralité : qu’au ré
Disparition de l’Ancêtre
au carnaval qui le grima
en dieu Viracocha peut-être,
à moins qu’en gringo de Lima ?

Moralité : père où ?
Soupe de chuño, l’Inca danse
autour d’un calice à La Paz :
tinte la tasse et vibre l’anse
en cadence exacte des pas.

Moralité : bol hi-fi
Langues nilotique et bantoue
potentielles d’un stylo
dont la bille d’encre tatoue
les feuilles de mangrove à l’eau.

Moralité : mots en bic

Un Voyage d'Envers / L'Encrier Revanche / poèmes, images, musiques

Ci-après en vrac, l'actualité de deux livres : Un Voyage d'Envers et L'Encrier Revanche.

  • En décembre 2019, bonheur d'entendre l'écho de lectures très fines du Voyage d'Envers chez main tenant et paper blog :
  • Lecture d'extraits du Voyage d'Envers à la Médiathèque Andrée Chédid de Tourcoing, Nuit des bibliothèques le 12 octobre 2019.
  • Un Voyage d'Envers et moi sommes à Meudon, Orangerie des livres samedi 28 septembre 2019.
  • Aux forêts vierges de la conscience, Hervé Leroy en passager imaginaire d'Un Voyage d'Envers pour Actua-Litté.
  • Jeudi 1er août, ah le beau concert de l'Encrier Revanche par Céline Malorey et Martin Granger au programme de Pirouésie.
  • Un Voyage d'Envers a été nominé au prix de La Nuit du Livre. Récompense qui souligne la contribution majeure de Léonie Lasserre et Lauriane Desvignes, fabricantes au premier chef de cet insolite objet éditorial.
  • Moment de grâce le 27 mars à Paris, Musée de Minéralogie, au programme du festival Raccord(s) : l'Humeur Vitrée a joué, lu, chanté l'Encrier Revanche. Alors, dans les cœurs du public et des artistes, ç'a fait comme du cristal qui chante.
          
  • Le 15 février à Tipimi (Lille-Fives) après le 30 janvier 2019 chez les Plumes de la Sienne à Regnéville-sur-Mer, même programme qu'auparavant 17 janvier, où Invenit et l'Encrier étions à la Librairie des Éditeurs associés. Céline Malorey a chanté durant la lecture :
   
  • Page 4 d'Eulalie n°28 de décembre 2018, Hervé Leroy signe ceci :
  • Benoît Verhille de la Contre-Allée m'adresse une photo bien encourageante prise au Furet du Nord...
           
  • ... et une autre à Paris, librairie L'Arbre à Lettres, qui affiche de grandes reproductions des collages de Philippe Lemaire :
      
  • Jeudi 20 décembre 2018 à l'auditorium de la BnF, Olivier Salon a fait une généreuse et très efficace publicité : stock épuisé en deux minutes au stand librairie de l'Oulipo.
  • Le lendemain s'est produite la première édition des "vendredis de l'oulipote", série à venir de rencontres festives par des camarades des réseaux oulipiens. Au détour d'une première causerie plaidant que l'oulipisme est un humanisme, Céline Malorey (chant) et moi (lecture) avons présenté les deux livres à la Galette Électrique, crêperie-guinguette, 110 Boulevard de la Villette, 75019 Paris.
           

UN VOYAGE D'ENVERS est paru le 21 novembre, livre cosigné Philippe Lemaire auteur des ambimages, qui constituent un roman graphique en miroir du récit poétique. Au retour d'El Ferrocarril de Santa Fives, texte et illustrations retracent la chronique d'une aventure onirique, où le métallo Manuel Mauraens s'en va rencontrer l'Indienne Abipone Lules.

  • Un encouragement de l'Association des Éditeurs des Hauts de France, qui fait du Voyage son coup de cœur du moment :
           

À propos de L'ENCRIER REVANCHE, si vous n'avez pas de smartphone pour extraire la "réalité augmentée" qui imbibe les pages, cliquez ici pour voir l'encrier en 3 dimensions, puis là pour entendre Lætitia Gallego & Martin Granger dans 6 extraits successifs :

1) Sonnet mourir un diadème
2) Quasi cristal
3) Elfe reflet
4) Chaque verrier
5) Sélénet du Sphinx
6) Verre
  • La version intégrale concert-lecture sera donnée vendredi 15 février 2019 à 18h chez Tipimi, 43, rue Pierre Legrand, Lille-Fives.
                   

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