Le blogue de Robert Rapilly

Mediatortue

Rien ne sert de courir s'il faut fuir les témoins
Ni confondre courage et défense retorse
Repoussons le procès en 2014
La petite chanson patiente du moins :

Mediator a raison
délesté tu maigriras
sans argent sans salaison
ni trop riche ni trop gras

Adieu copieux danger
zéro poche à ton linceul
non plus de garde-manger
dans nul recoin du cercueil

D’autres se sont engraissés
qui diffèreront la fin
émaciant le procès
du fructueux coupe-faim

À mincir on risque gros
pots de terre moribonds
pot de fer gorgé d’euros
il goberge et nous gerbons

Hauts-le-cœur face à Servier
plaident petit à petit
qu'un psychopompe sorcier
siphonne bien l’appétit

Post-scriptum - Brouillon d'une autre chanson sur les progrès de la médecine :

C'est nous les rois de la poitrine
qui caressons d'hardis desseins
soutirer du beurre des seins
sauf les grincheux qui ça chagrine ?

Notre filon votre mamelle
en prothèse que PIP aura
trafiquée hip hip hip hourra
vrais sous et faux seins pêle-mêle...

Cachons ce flan façon rustine
quand nous pompons l'eldorado
du fond d'un réservoir crado
quel éclat gonfle la tétine !

Mil appas à pointes de cône
hard discount emprès les tétons
c'en fait des lingots des jetons
à frelater le silicone...

C'est nous les rois de la poitrine
qui caressons d'hardis desseins
soutirer du beurre des seins
sauf les grincheux qui ça chagrine ?

François Le Lionnais - La Peinture à Dora

Deux rendez-vous avec Zazie Mode d'Emploi au Prato :
- mardi 14 mai 2013 à 20h, Jehanne Carillon et ses compères nous enchanteront avec Chant'Oulipo ;
- vendredi 17 mai, c'est le jour de la GLOP (Grande Lecture Oulipienne au Prato) ; hommage à François Le Lionnais, inventeur de l’Oulipo, génie littéraire et mathématique, humaniste immense.
Ci-dessous réécritures d'un extrait de son livre La Peinture à Dora.



Dorhaïkus

Sorte d’exercice
pas plus de quelques minutes
celles d’autres fois
 
Le soir livre tout
sur une vitre chefs-d’œuvre
camemberts liquides

Malheureusement
même en termes authentiques
je pense autre chose
 
Le tout se défait
comme dessins de la pluie
débris d’un tableau

(4 haïkus / les mots de chacun extraits dans l’ordre du texte original)



Croquis sur Dora (lipogramme en E)

Au soir surtout, sans trop du tracas commun, j’y consacrais mon travail. Las ! panorama ni portrait, la plupart figura jamais plus d’un instant, laps durant moins parfois qu’un tic-tac furtif. Causant rayons alpha ou gamma, ça allait du Thorium A (0,14’’) au Radium C (3’). Tout croquis disparaissait fissa, à la façon du crachin sur un hublot ; ainsi moult vrais opus absolus sont partis au fil d’un livarot coulant. Quasi toujours, abattu, j’abandonnais, distrayant mon imagination par liquidation du stock. Ou alors, n’abdiquant pas, m’y risquais à transmutation du boulot corrompu, afin qu’apparût un original, issu d’un flash tout autant caduc.

Franck Du Lionnais, Croquis sur Dora - Au Magasin.



L'Esthète en Enfer (lipogramme en A I O U Y)

Je préfère m’exercer vers vêprée. Mes Vermeer de Delft, Bechtle, Velde, Bell, Deverell, Stevens, Ernest, Stenberg, Ernst, Spencer, Estes, Sheeler, Gervex, Schmeltz, Gertsch, Schlemmer, Klee, Scheffer, Keeffe, Pevsner, Kensett, Peter, Lebedev, Pelez, Lefebvre, Nedelchev, Léger, Meller, Lemmen, Mc Entee, etc. ne restent en scène perpète...
L’émergence de ces esthètes est en effet très, très brève. En termes de becq’erels, l’événement s’égrène speed, tel le Th en 7’ (cf. les éléments de Mendeleev). L’ensemble se déverse prestement : percevez le verre de fenêtre détrempé ; de réelles perles de recherche se démettent en crèmes de Bresse.
Règle pérenne : excédé, je me relève de ces genèses et pertes express ; je déleste mes pensées. Certes, de temps en temps je persévère, je tente de les reprendre, ces spectres référencés déchets & défets, et j’en entreprends de récents… d’emblée éphémères !

French De Bresse & Gex – L’Esthète en Enfer, éd. Réserve.



Corriger Géricault

Radeau bleu rame ô Méduse
privant mauve emprise
du mémorable Dora !
 
Mégot leur coude
authentique jonque
titan d’eau couleur gommée
 
Les secondes scindaient
l’éphémère mets fêlé
dessin de gonds celés
 
L’écho répare
d’où camembert manqua
doux repas récollet
 
Crémeux ce sang
qu’élidée
la déliquescence me crée

(titre et strophes palindromes syllabiques, par ex. ko-ri-gé / gé-ri-ko)



Deux sonnaïkus Dora

Au soir l'exercice
Volontiers s'y livrera
Le peintre à Dora

L'image jaillisse
C'est clarté quelque seconde
Puis enlisement

Malheureusement
La vitre que fouette l'onde
S'efface à la hâte

De même les traits
Radiés chefs-d'œuvre vrais
Coulent comme pâte

Le peu que vole à la nuit
Bien vite s'évanouit
Au soir l'exercice
Il s'y livre volontiers
Le peintre à Dora

Malheureusement
Ses tableaux ne dureront
Que quelques minutes

Vitre sous la pluie
Tels se défont en vitesse
Les traits radiés

Des chefs-d'œuvre vrais
Coulent comme camemberts
Abandons fluides

Autant des bouts recyclés
Promis à déliquescence

(schéma syllabique 575 575 575 575 77 / le premier sonnaïku rime ABBA CDDC EFFE GG, le second ne rime pas)



Dora Le Lionnais le dora

Envers l’à-propos, le soir grave un Dürer ; ce sera fort vite leurre effacé.
Or, notre éclair part autre, d’ailleurs aussitôt disparu.
Peu un tableau paraît, cela reste de période brève.
Une minute, je compte infime seconde la vision encore.

Informe activité radio, que vaut camembert en déliquescence pleine ?
Tache-la de contour fuyant saisi comme dessin : voit-on l’averse telle contre pareille vitre ?
La faut-il remanier de merveille authentique trop liquide en liquide trop authentique ?
Merveille de remanier, il faut la vitre pareille contre telle averse.

L’on voit dessin comme saisi, fuyant contour de la tache pleine.
Déliquescence en camembert vaut que radio-activité informe encore vision.
La seconde infime compte : je minute une brève période de reste.

Cela paraît tableau un peu disparu, aussitôt ailleurs.
D’autre part éclair, notre or effacé leurre vite, fort...
Sera-ce durer un grave soir, le propos à l’envers ?

(sonnet en vers libres / palindrome de mots ou d'homonymes)



Dora Chicago

Quelque part bock siffle cargo Pachacamac
Ici roquille vilipende trirème Hélios
Ailleurs chope raille felouque Rê
Çà setier conspue steamer Sun
 
Là pinte hue radeau Ra

Attentarte

Fable -

« Lève-toi vite ou je t'écrase
la gueule à coups de talon ! » : phrase
qu'un nouveau penseur entarté
emprunte au prudent karaté -
dialectique orientale
qui collige zen & mandale.

Projectile non-violent,
quand même la crème en volant
riffaude une ombre dans l'étoffe :
tel butor sous le philosophe
hantait Bernard-Henri Lévy,
humaniste à la fois nervi.

Merlin vs Morgane

(pour voix, bombarde et biniou koz)

Lire la suite

Qui que soit le coquin

Cahier des charges d'une chanson -

Nous brasserons du sens
à façon de Brassens.

1/ Une forme quasi classique et carrément sévère :
quatrains d'hexasyllabes, rimes masculines & règle de la liaison supposée (ça rime encore en prononçant les consonnes muettes), hiatus prohibé, synérèses ou diérèses suivant prescriptions de Littré.

2/ Le fond tout d'actualité et de mauvais goût :
vaccin contre une peste qui couve, humour noir dosé au poids de l'hydre traité ; et une question en filigrane : qu'est-ce que Brassens aurait chanté en la circonstance ?

Qui que soit le coquin,
on n'en connaît aucun
qui n'eût nulle vertu,
taïaut turlututu.
Gilles de Rais servant
de la soupe à l'enfant,
l'aime ce nouveau-né
fraîchement mouliné.

Que non Jack l'Éventreur
ne manque pas de cœur,
l'en fait collection
avec tripe et rognon.

Ça l'émeut quand le four
par les feux de l'amour
embrasera sa bru
mieux qu'embrasse, Landru.

On meurt pas de froid chez
le moine aux mil bûchers ;
Tomás Torquemada,
chaud business oui-da.

Païens tranchons un cas
d'école, les Incas :
béni soit le Seigneur,
Pizarre est son saigneur.
Œuvres de charité,
trouvez-y bon côté,
rendez-les dignes donc,
badaboum ding daing dong.
La pelure d'oignon
d'un sale type ? oh non !
le crâne du Duce
scintille : il s'est douché.

Radovan Karadžić,
cherchez-y point le hic,
rasoir expéditif
mais nickel quant au tif.

La pommade au coco
dont s'embaume Franco
police la senteur
du pimpant dictateur.

Maréchal, il voila
sa voix perchée en la ;
juste siffle-t-il l’air
que lui soufflait Hitler.

Ne traitez Brasillach
d'écrivassier réac :
virtuose et joli
lorsqu'il sonne hallali.
Toujours prendre des gants,
prodiguez aux brigands
la tendresse et le soin,
zoum tagada-tsoin-tsoin.
La patte collabo
blanchit au lavabo,
et ron et ron Papon
le petit patapon.

Pour l'avoir pas dans l'os,
Barbie alias Klaus
lâche un bel oripeau.
Où ça la Gestapo ?

Quoi qu'il avait pas su
l'intéressait, Massu ;
de l'ouest, de l'est, d'Oran, d'
Aurès : tous au courant.

Chef à lier sans peur,
sans reproche un stoppeur,
Chanal Pierre adjudant
est un homme attachant.

Jamais on verra laids
de gars Montréalais,
ravise ce beau mec
dépeceur au Québec !
Qui que soit le coquin,
on n'en connaît aucun
qui n'eût nulle vertu,
taïaut turlututu.

Pour Amélie Nothomb

France Inter a ouvert cet été un concours de haïkus pour fêter les 20 ans de succès d'Amélie Nothomb, avant sortie d'un roman, « Barbe bleue ».
S'ensuivit sur la liste oulipo pléthore de poèmes dédicacés, calembours de son nom, d'un esprit (qui vole) voisin des sollicitudes de Jacques Roubaud et Olivier Salon.
Ci-après ma contribution.

Haïkus

Barbe bleue eh rustre
Gratte l’épitaphe en givre
Ah mais ! lis nos tombes

Aux frimas je plais
Dans ta chaussette Shogun
Nô ton bas m’élit

Katrainbours

« Vois-tu rien choir, Anne ma sœur :
  Barbe Bleue ou Joueur de Flûte ?
– Las ! Je ne vois que ravisseur
  d’enfants et vertige en leur chute. »

Hamelin haut tombe !
Holà Barbe bleue à jument,
serial killer du steeple-chase,
vois l’épitaphe qui dément
qu’Auteuil coure au Père-Lachaise !

Ah mais, lis nos tombes !
Temps courbe qu’un pli
écoule des montres
Salvador Dali
amollit nos plombes
Dans l’oubli fermé
inanité d’onde
Stéphan Mallarmé
abolit notre ongle

Vers isocèles

Alors musique et danse
aussitôt que m'endors,
quelle injuste cadence
martèle les ressorts ?

Note, on bat mes lits.

« Habilement Omo » est un sonnet plus blanc que blanc de gématrie révolutionnaire = 1848 ;
les 14 vers sont anagrammes de « Amélie Nothomb ».

Moi bêlant « Home
bitonal, eh ! môme »,
Nothomb Amélie
bat mon homélie.

L’atome H binôme,
boni l’hématome,
mal et bonhomie
m’ont. Ah ! embolie…

Ô malt bohémien
mi math booléen,
ô bio emmenthal,
nomme-toi Hébal !

Bonhomme alité
Mahon l’emboîté.

Palindromes phonétiques

Il aima bon tonneau
Ô Nothomb Amélie !

Amélie eut Nothomb
On tonne huile & mât

Quinine

Accouchons, tatami, d’une île de la Sonde,
d’une barrique et de ragoûts… Dévions rhumb
jusqu’à Bali ! Cependant que voiture tonde,
Amélie au Japon dame un courriel Nothomb.

Autrement dit…

Lino mettons bas
Bali, tonneau, mets…
Mais bagnole y tond !
Ton mail y bat, nô,
Nothomb Amélie.

… soit une quinine :

li  no  mé  ton ba
ba  li  ton no  mé
mé  ba  no  li  ton
ton mé  li  ba  no
no  ton ba  mé  li

Monvochtomb

Dormons, ô Molotov, prolo dont nos cochons
font ponchos, boots, condoms, cols d’oblongs polochons…
Colorons vos photos d’Hong-Kong, Woodstock… Colomb ?
Son ponton rococo confond d’or blond Nothomb !

Polar
(quatrain épouvantable : rimes prohibées fém. & masc., calembour capillotracté au quatrième vers)

S'il rebaptisait Amélie
Vian Sullivan en grande pompe
coifferait le pied d'Amely
d'Y grec car chaussure Nothomb

Polar bis

Monsieur le Président,
votre geste impolie
dit qu'en cas d'accident,
couvrirez Amélie.

Chirac trash assure Nothomb.

Tougoudougoudou = tercet méchant (le premier vers désigne, le deuxième décrit, le dernier dézingue), forme inventée par Jean Mouchès :

Crayon et chapeau gris Nothomb
sombre style qu'éclat ne rompt
on compte deux mines de plomb

Antitougoudougoudou = variante gentille :

Graphite et feutre de Nothomb
sombres traits dont l'incarnat prompt
encre d'or la mine de plomb

Avion soit un haut village

Poème pour Amelia Earhart, source Baudelaire.
Les couples de vers sont anaphones sévères : sans répétition, y compris des mots outils.
Me semble, souvent, que la contrainte dure ouvre à une mallarmisation villonéenne du vers.
On a ci-dessous conservé les mots rimes originaux.
Parmi les précédents anaphonèmes, après les « contrepèteries de salon » de Robert Desnos et Marcel Duchamp :
- de Gilles Esposito-Farèse, Contrepoint (2002) et L'âne, ô le crédule (2007) ;
- ici même, ceci, cela et le tout précédent billet.

Ô double, ma sœur
à mots bleus, douceur,
allons vivre haut ensemble !
Amour vaut loisir,
l’oiseau va mourir,
en vol l’avion ressemble.
Ses Rembrandt mouillés
dans ces rangs brouillés,
la stance étincelle en charmes ;
lieu mystérieux,
y restent mille yeux ;
cet instant-là chance et larmes.

Qu’outre à saveur plût beauté,
s’arc-boutera volupté !

Ronds buffets luisants,
fuiront bus les ans,
fins rameaux drapant la chambre ;
l’Indus aux deux fleurs
l’insuffle d’odeurs
mâchant parfum hors lacs d’ambre…
En proches plafonds,
lâches pans profonds,
Albe – annexe orientale –
sans mal parlerait
par l’âme en secret
orale ïambe ex natale.

Qu’outre à saveur plût beauté,
s’arc-boutera volupté !

Je vis ces canaux
qui nagent vaisseaux ;
dur fer, muse est vagabonde !
J’osai d’assouvir,
sauvage ou désir,
azurs brefs gavés du monde.
Ondes leurs couchants
ont couleurs de champs ;
l’humanité sait qu’entière,
là scintillant d’or,
l’hyacinthe endort
quantité saine à lumière.

Qu’outre à saveur plût beauté,
s’arc-boutera volupté !

L’assignation nulle part

« L'assignation nulle part » esquisse un poème symétrique, assimilable à une sorte de négatif photographique de L'invitation au voyage. Le premier jet ci-dessous gagnera sans doute à prospecter finement le lexique, en quête de mots sombres familiers de Baudelaire...

Toi fictif aïeul,
ne ravive au deuil
d’ici périr sans réponse
sauf morne bourdon :
morne d’abandon,
d’exil sur la lande absconse !
L’informe huis clos
de bas-fonds pâlots
m’enceint, contingence mièvre
dont secret ni fard
au neutre regard
n’ont humecté ta paupière.

Là rien, mais hideux chaos,
pauvre nausée et fléaux.

Périmètre nu,
l’à peine advenu
corromprait, rêche, le vide
du plus vague champ
fané s’asséchant
en quelque effluve insipide ;
dans l’opacité
pavant la cité
de laideur occidentale,
une sourde voix
graverait des lois
d’expiation létale.

Là rien, mais hideux chaos,
pauvre nausée et fléaux.

Détourne les yeux
des torrents boueux
farouches contre l’épave,
vigie alarmant
d’infini tourment
le sans lieu Volant Batave.
– Saturne dressé
creuse le fossé,
son caniveau s’en épure
la lie au chiendent ;
l’ombre haut s’étend,
ubac d'aveugle froidure.

Là rien, mais hideux chaos,
pauvre nausée et fléaux.

Faut l'Hermès à sa place

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              Dans l'ombre qui vous parut selles
              bat l'aile qui fuira Bruxelles,
              Hermès soufflant : « Vous partez, non ?
              Lors m’embarquez au Parthénon ! »
              Il s’est glissé dans la musette,
              m'a prescrit l'esquive muette...
              Chut ! le dieu voleur s'élève au
              surplomb de l'éthéré vélo.
          
    Avril 2012 à Bruxelles, photographie Marie-Hélène Lemoine ;
    on voit se déployer, au flanc de la selle, une petite aile.

Viva Molenbeek !


Don Quichotte à Molenbeek

Loin de la Mancha pied sec,
Don Quichotte à Molenbeek
remiserait son armure :
palme tiendrait de chaussure,
pour heaume un scaphandrier,
en place de destrier
la sirène Rossinante...
Brandisse çui qui se gante
non plus lance, mais harpons
catapultés sous les ponts :
que du Moulin hydraulique
la roue au mythe se pique !

Balnéothérapie :
à Molenbeek
c'est Noël !

L'étymologie nomme « moulin sur le ruisseau »
la commune bruxelloise où l'onde guérit tout,
où chaque matin nous réinvente une Nativité !
      +....+
      |    |
    BA|LNÉO|THÉRAPIE :
   À M|OLEN|BEEK
C'EST |NOËL| !
      |    |
      +....+

Le « tronc » encadré ci-dessus voit permuter en quatrine les lettres L, N, E, O.
Retrouvez Molenbeek ici par Marianne et là chez Wikipédia.

Villanelle à Dylan Thomas

Cliquant là, on entend la voix de Dylan Thomas en musique ; là encore telle quelle à la BBC.

Ne glisse pas docile en cette bonne nuit,
qu’au soir l’âge irradie et s’insurge du terme ;
enrage, enrage quand s’éteindrait ce qui luit.

Le sage, que droiture aux ténèbres conduit
de n’avoir harponné nul éclair par le verbe,
ne glisserait offert à cette bonne nuit.

Le juste, lors qu’en pleurs l’ultime vague bruit,
peut-être à déployer autour d'une anse verte,
enrage, enrage quand s’éteindrait ce qui luit.

Le farouche, tenant l’air d’un soleil qui fuit,
s’il apprenait trop tard avoir grippé sa geste,
ne glisserait offert à cette bonne nuit.

L'austère succombant, que la noirceur instruit
d’une aveugle gaieté – son regard étincelle –,
enrage, enrage quand s’éteindrait ce qui luit.

Et toi mon paternel, haut d’où rien ne s’ensuit,
maudis et bénis-moi : fières larmes, prière.
Ne glisse pas docile en cette bonne nuit.
Enrage, enrage quand s’éteindrait ce qui luit.

Texte dit le 23 mars 2012 à la Maison Folie de Moulins par Frédéric Forte (souffle), Dominique Quélen (râle), Ian Monk (en français), Robert Rapilly (en anglais).

Post-scriptum : mode d'emploi / gestomètre / lignes justifiées -

Récrire en français la villanelle de Dylan Thomas
protocole à Do not go gentle into that good night
Traduire sans souci de prosodie un vers à la fois
chacun se déployant alors plus long qu'en anglais
Déduire de convertir le décasyllabe en alexandrin
Dresser l'inventaire des images et des inventions
Arrêter une hiérarchie élémentaire de contraintes
1/ rythme & rime aussi serrés que dans l'original
2/ collecte à distance respectueuse dans le stock
polysémique d'inventions & images de Dylan Thomas
            

Post-post-scriptum : villanelle à Boulmier 1878, qui imita Mallarmé 1885 plagiant Roubaud 1981 -

En villanelle Boulmier
s'adosse l’âme chthonienne
du divan de Récamier

Où se plagie en premier
la méthode roubaldienne ?
En villanelle Boulmier

Cependant de quel sommier
s’inspirera Freud à Vienne ?
Du divan de Récamier

La pomme annonce un pommier
à moins qu'inverse n'advienne
en villanelle Boulmier

Missive de mon plumier
à la jeune femme ancienne
du divan de Récamier

Voyage un pigeon ramier
qu'éros au temps n'aliène
du divan de Récamier
en villanelle Boulmier

Bye-bye Perito Moreno

Adieu Perito Moreno

Dites-moi quand, n'en quel pays,
Rompra l'Arche de lac hautaine,
Reine si Blanche que le lis
Dont soupire voix de sirène,
Échos grondants où bruit renseigne
De flocons avant Magellan,
Et de beauté trop plus qu'humaine ?
Mais où vont les glaces d'antan ?

Strophe ci-dessus après que Guy Deflaux a écrit sur le Perito Moreno :
« (...) Les glaces qu'on voit là se sont accumulées en amont du glacier du temps de Magellan (...) »

Mélenchon pas les tâcherons et les soviets

RECEVEZ DE BONS VŒUX 2012 EN CLIQUANT ICI

L'orthographe « blog » peu à peu s'impose, alors à quoi bon s'encore intituler « blogue » ? Eh bien, désinence augmentée, ornement & salutation, un blogue ça serait un blog de luxe. Quelque chose en vacance du quotidien, affranchi du vague, du gris, du médiocre ; rien du tintamarre qui nous presse si souverainement. Pas d'actualité sinon comme sujet littéraire. Tiens par ex., 2012 et les élections présidentielles en France ; de quoi composer quelques sentences à la mode de Luc Étienne. Sans poésie vague ni sentiment doucereux de l'insatisfaction, non, mais au filtre de l'invention technique. La subversion à ce prix, voyons voir.

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STROPHES classées dans l'ordre alphabétique des formes : calembour, contrepèterie, katrainbour, palindrome phonétique, palindrome syllabique, quatrine. L'actualité, pauvre mais bavarde, pourrait accroître ce billet au cours des semaines.

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CALEMBOUR
Alphonse Allais et François Caradec l'assurent, les meilleurs calembours sont les pires.

Mélenchon pas les tâcherons et les soviets !

Autrement dit, faut pas prendre les ouvriers spécialisés pour des conseils de délégués élus.
Variante, ne pas confondre ces mêmes conseils avec du poisson à caviar :

Mélenchon pas l'esturgeon et les soviets !

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CONTREPÈTERIE

Écologie ?
OK Joly !

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KATRAINBOUR
Sorte de fable express, devinette au cœur d'un quatrain d'octosyllabes ; une œuvre citée du dédicataire aide à la résolution (ci-dessous « Fouquet's », « PS » et « prise d'intérêts illégale »).
Davantage sur le katrainbour ici, sur sa déclinaison anglo-saxonne le punkwatrain et .

Rendez-vous Fouquet's, cercle des
fortunes en douillette niche
fiscale, dont nul coup de dés
n'abolit rutilance riche.

Nickel hasard cosy.
= Nicolas Sarkozy
Réputé gel à mous remous,
il paraît qu'ondulant tu couves
au petit chef le croc des poux.
PS : Et que s'agrippe aux touffes !

Flan, sois aux lentes !
= François Hollande
Eh ! ton frac chic tu découdras
où s'escamotait l'argent sale.
Oh ! te voici dans de beaux draps :
prise d'intérêts illégale.

Ah ! linge huppé...
= Alain Juppé

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PALINDROME PHONÉTIQUE
Le palindrome phonétique est un cas particulier de contrepèterie. Luc Étienne, qui a tenu l'Album de la Comtesse au Canard enchaîné, a aussi publié « L'art du palindrome phonétique » (BO n°27). À quelques contorsions d'oreille près (par ex. confondre les sons « un » et « in »), l'enregistrement diffusé à l'envers restitue le même texte, très intelligible. Deux maximes ci-dessous, obscènes, sont réduites à leur moitié présentable ; devinettes exactement comme dans l'Album de la Comtesse.

Rude à la biche à racket,
homme accédant d'escamoter Karachi :
Balladur.
Rocco, un toubib, eut la lubie Boutin au corps.
Chirac : artiche à gâchis, tracas riche.
Copé l'écœure, quelle époque !
Emmenez vœux chéris, virez Chevènement !
Hollande est dans l'eau.
Oh ! l’Eva Joly loge à vélo.
Jappe-le ni roquet ni matou qui coûta minet : Corinne Lepage !
N'épelez ce délice ni rame, Marine si laide c'est Le Pen.
Nés peloton, honte aux Le Pen.
Oh ! crasse élue, candidat n'est Peul...
Sarkozy vise aux crasses.
Kid Rémi te pela, souda la mise aux crasses ?
Élu qui est valise aux crasses
comme en slip à ténu décor,
roquet d'une étape, il s'en moque :
Sarkozy l'a véhiculée.
Un peu livide, dis, Villepin ?
Molle Elbe affadit Villepin ;
ça l'écœure et Dominique aime.
Mais qui n'y modère qu'hélas
un peu livide, affable est l'homme ?

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PALINDROME SYLLABIQUE afin que le candidat centriste bénisse l'attachement de la Métropole Nord à la Grande Boucle :

Qu'oint Tour, Bayrou le lie à Lille, Roubaix, Tourcoing !
-> KOIN-TOUR-BÉ-ROU-LE-LI-A-LI-LE-ROU-BÉ-TOUR-KOIN <-

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QUATRINE
La quatrine est une n-ine dont les éléments permutent en gidouille ;
exemple, les syllabes de Her / vé / Mo / rin :

Rein, air mauvais,
vérin, mohair :
Hervé Morin.

Radiophonie

Nikola Delescluses a causé d'El Ferrocarril de Santa Fives ; pour écouter, cliquer ici sur Radio Campus Lille le 23 décembre 2011.
Fine chronique tous les vendredis de 11h à 12h ; blog des émissions successives, cliquer là : Paludes.
Ah ben alors, trois poèmes de radio :

Micro poème 1 - Nuit dada

onde sur la cité
la radio dérange
l’ordre de surdité
chez les gens cause un ange

le verbe dit assez
en verlan d’une brève
termes dada passez
retour au vrai du rêve

Micro poème 2 - Fable d’un bonheur vibratoire

R   comme hertz
A   comme harmonie
D   comme eudémonisme
I   comme ysopets
O   comme haut-parleur

Micro poème 3 - Berceuse

Dors petit homme dors
à nous que rien n’emmure
la T.S.F. murmure
« Turn out the lights » des Doors

C'est un soir de vent

12 réponses à Zazie Mode d'Emploi, dont s'ouvre l'étincelante saison 2011-2012.




0 / Texte source

C’est un soir de vent, de tonnerre et de pluie. Elle est plongée dans la lecture des Hauts de Hurlevent en bande dessinée. Un brusque coup de tonnerre et la pluie persistante se change en pluie d’orage, avec des éclairs nets ou diffus, et un tonnerre qui dirait-on fouette les frondaisons dans les gris du soir. Par le cadre de sa fenêtre s’infiltrent des minces fils de pluie poussée par les coups de bélier que le vent assène contre l’abondance soudaine d’une pluie que ne veut ni homme ni herbe, pas plus que le tonnerre qui vous fait sauter comme un enfant, ou ce vent qui arrive presque à étouffer le gong du soir.

Harry Mathews, « Sainte Catherine », P.O.L., 2000




1 / Lipogramme en A, I, O, U

C’est vêpres de vent, les éléments déferlent. Elle n’émerge des Tertres de Tempêtes, bédé d’E. Bell. Revêche déversement, hé ! l’effet détrempé persévère, se segmente entre jets zébrés et ténèbres blêmes ; le frêne tremble, blessé de grêle… terne temps sélène ! De frêles rets pénètrent les berges des fenêtres : espèce de tête de chèvre, l’excédent de vent perce, délesté d’êtres et d’herbes ; de même, cette tempête te lève et t’éjecte, léger tel le bébé… Cernée de vents en ce recel, de « bell » E. Bell n’entend-elle celle des vêpres ?

Hervé Mertens, « Ste Clémence », P.E.L., 2000




2 / Lipogramme en E

Soir d’autan, d’ouragan, d’inondation. Tout vigilant, il lit un manga traduit du roman « Hauts d’Aquilon ». Or, choc soudain, la fulguration fait du flot continu un vrai grain : ici foudroyant, là diffus, un tourbillon qui, dirait-on, bat la frondaison dans un gris nocturnal ! S’infiltrant aux bords du châssis, un courant d’oblongs fils ondoyants va, soumis aux coups d’un bouc soufflant sur l’abondant flux qu’humains ou gazons ont proscrit, non plus la fulmination qui vous voit bondir à la façon d’un gamin, ou l’autan proclamant quasi aboli tout gong du soir.

Harry Mathious, « Saint-Cathrin », P.O.L., 2000




3 / Autantriloque

C’est un soir d’autan, de tonnerre et d’ondée. Elle se consacre tout à la lecture d’un illustré, les Wuthering Heights en dessins. Un rude coup de tonnerre et l’ondée soutenue se change en ondée d’orage, alternant éclairs nets ou dilués, et un tonnerre qui dirait-on châtie les tiges dans les gris du soir. Entre le cadre de sa croisée s’insinuent les drains ténus d’une ondée actionnée à coups de corne que l’autan assène contre l’excès soudain d’ondée à quoi ne consentent ni gens ni champs, ni d’ailleurs au tonnerre quand on saute tel un rejeton, ou cet autan qui atteint quasi à étrangler le gong du soir.

Harrain Windnews, « Sainte-Catherine », L.O.L.

Sans les sons qui font bouger les lèvres : b, f, m, p, v.




4 / Musique du vent de Skarry Pasthews

Soir de vent. Tino est dans la bande dessinée et voit un orage. Il dit qu’est-ce que c’est comme frondaison. Il demande ce que c’est comme nuage. Le père dit qu’une frondaison est une frondaison. Tino prend l’orage et dit papa pèle-moi le nuage. Le père pèle la frondaison et donne six éclairs à Tino. Le père mange un éclair et dit qu’un éclair est un éclair. Tino mange. Il dit c’est un éclair de nuage il a un goût de frondaison. Il demande ce que c’est comme frondaison. Le père dit qu’un nuage est un nuage et qu’un orage est un orage. Tino voit un bélier. Le père voit les Hauts de Hurlevent. Le père dit qu’est-ce que c’est que cette pluie dans la bande dessinée. Il demande qu’est-ce que c’est que cette fenêtre dans la bande dessinée. Tino dit ce n’est pas un cadre de fenêtre dans la bande dessinée c’est un orage avec deux lectures. Le père pèle l’orage et dit voici un éclair de pluie voici un éclair de gris et voici un éclair de gong. Tonnerre dit Tino et il donne l’orage à l’abondance.

Sources : Mathews & Pastior.




5 / Sélénet

C’est soir de tonnerre
De pluie et de vent
Sans halo lunaire
La nue est devant

Bande dessinée
The Wuthering Heights
Près la cheminée
T’ont prise en leurs rets

Les canons d’orage
Allument des fûts
D’éclairs au sillage
Cinglant ou diffus

L’abondance assène
À coups de bélier
Force trop soudaine
Pour nul bouclier

L’élément qui fouette
Ce cadre grison
Couchera défaite
Bas la frondaison

Sous bord de fenêtre
S’infiltrent les flux
Que l’homme ni l’herbe
Jamais n’ont voulus

Quand la foudre tonne
Nous ébouriffant
Ne sautes-tu comme
Ferait un enfant

Tinter ou se taire
Entendrais-tu donc
Dans un phylactère
S’étouffer le gong

6 / Sonnet de bisyllabes

Coucher venteux, vacarme, ondée.
Elle relit Hauteurs Hurlantes,
Roman-photo selon Brontë.
Brusque tampon, pluvieux Midlands,

Éclairs diffus, cinglant orage,
Ponant fouettard parmi Yorkshire,
Chinook larguant coiffe potlatch…
Chaque branche devra fléchir.

Contre notre fenêtre infiltre
Bélier duquel trombe, grésil
Cognent suivant fureur soudaine.

Saisis dessous frissons abjects,
Adulte, enfant sautons idem.
Volez, cloches presque muettes !

7 / L’absorbante lecture

Coucher venteux, vacarme, ondée.
Elle relit Hauteurs Hurlantes,
roman-photo d’après Brontë.
Brusque tampon, pluvieux Midlands,

précis l’éclair, diffus l’orage
d’abondance fouettant Yorkshire,
chinook lançant coiffe potlatch…
chaque branche devra fléchir.

Contre l’humble châssis s’infiltre
l’onde qu’ovin – toison grésil –
cogne d’une fureur soudaine.

Alors saisi d’effrois abjects,
double d’enfant j’oscille idem.
Volez, cloches quasi muettes !

Mots syllabiquement pairs :
0 = d’, l’, s’, qu’
2 = tous les autres sauf
4 = abondancE




8 / Substrats constitutifs du Roman

Substrats constitutifs du Roman, Math Harry
Calcula qu’un typhon mût l’ondoyant chinook
Sur nos châssis suintants d’aucun afflux tari,
Horizon fulgurant d’où l’ouragan fît choc.

Ton manga s’abritait la voix dans un ballon ;
Pour mots du manuscrit un croquis narratif
Transmutait à traits noirs l’opus « Hauts d’Aquilon »…
Lors la frondaison chut dont abdiquait un if.

Il cingla qu’infiltrant l’à-coup d’abstrus sillon,
Un bouc assaillirait, quoi ? Disparition
À l’huis, son corps soudain sous un gris nocturnal.

Imago d’un gazon qui t’a rompu gamin
Fatal – tu t’y couchas parmi l’instant, fatal
Soir afin d’abolir airs du gong ni d’humain.

Lipogramme en E ; alternance de rimes vocaliques & consonantiques.




9 / Vent allégorique de Hurlevent

De Hurlevent les Hauts déchaînant leurs chinooks
L’ardoise sous la pluie abstient l’ample Zéphyre
Quand couve vespérale une Oceano Nox
À quoi recueil et voix dessinés vont suffire

Surgi brusque des eaux par la vitre nul phlox
Hallali qui beugla d’humanité son ire
Car Mathews affublé diffus d’éclairs zopioks
Assène de rejet soudain la Déjanire

S’accroche à la croisée un ouest si coups honnir
Persiste aux frondaisons dont fouette d’élixir
L’enfant sur l’ouragan fût-ce vent d’équinoxe

Elle abondante nue en phylactère fuir
Infiltre la fenêtre où cartographe Eudoxe
Étouffera du gong sitôt le septemvir

Permutation des rimes de Mallarmé : -ix(e) -or(e) ---> -ox(e) -ir(e).




10 / Sonnet

Le vent du soir nous délivre un bélier
dont le combat répugne à l’herbe et l’homme.
Peine brusque aïe ! aux frondaisons de l’orme
le vent du soir persistant peut brouiller

tragique feuille et bruit. Sans s’y mouiller,
elle ne dort car dessus son épaule
n’aperçoit-on une bédé qui frôle
l’ubac des Hauts de Hurlevent, papier

que d’abondance infiltre un fil de pluie,
avec un cadre où fenêtre et dessin
cernent l’enfant de tonnerre soudain ?

Quand la lecture en gris diffus essuie
le coup qu’assène un bélier repoussoir,
s’étouffe presque au vent le gong du soir.

Décasyllabes héroïques (4 + 6) ; sources Mathews et Roubaud.




11 / Sonnet

Le vent du soir hurle dans la frondaison
il change la pluie persistante en pluie de tonnerre
pleine d’éclairs que ne veut homme ni herbe
le vent du soir qui est violent en saison

agite les feuilles avec un bruit de mousson
ça se renforce autour de la fenêtre
qu’infiltrent des minces suintements d’averse
à fil de pluie, sous la corne du mouton

En traits abondants s’étire l’insigne orage
dont on fait pour une bande dessinée une page
dessinée exactement tel le cadre à percevoir

Hauts de Hurlevent la lecture le soir
appelle que s'entende, sauf le gong hors la bulle,
la frondaison où sans foi le vent du soir hurle.

Sources : Mathews et Roubaud.




12 / C'est un beurre de sucre

C’est un beurre de sucre, de farine et d’œufs. Tu es plongée dans la lecture des Sucres de Hurlesucre en bande dessinée. Un brusque roux de farine et les œufs frémissants se changent en œufs voraces, avec des éclats nets ou diffus, et une farine qui dirait-on fouette les bouillons dans le gras du beurre. Par le joint de ta cocotte s’exfiltrent de minces filaments d’œufs poussés par les coups de cristaux que le sucre assène contre l’abondance soudaine d’œufs que ne veut ni chef ni cordon bleu, pas plus que la farine qui vous fait sauter comme un marmiton, ou ce sucre qui arrive presque à estomper le blond du beurre.

Source : les Impromptus littéraires.

Vrac

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