L’oiseau qu’on n’ouït jamais
10 sonnets fractals (4-4-3-3 syllabes) à rimes prohibées :
une consonne finale "plurielle" (s ou x) corrompt la liaison supposée.
Mallarmé - petit air 2 :
Voix étrangère au bosquet
Ou par nul écho suivie,
L’oiseau qu’on n’ouït jamais
Une autre fois en la vie.
Les canons prosodiques fixées par Malherbe et Banville supposent que, même non prononcées, les consonnes finales riment ; "bosquet" & "jamais" sont donc incompatibles. Jamais Mallarmé ne déroge à la règle... sauf ici, souscrivant par anticipation au 1er principe de Roubaud : la rime "fautive" dit d'elle-même qu'on ne l'entendit jamais et qu'on ne l'entendra plus.
1
Un bec dedans n'a pas de dent Les piafs rient des caries 2 Montez hommages Tombe un fromage du jabot des corbeaux 3 Va-t’en moquer les perroquets Ils redisent nos bêtises 4 On sait par truche- -ment des autruches boucher un s- -outerrain 5 Muets accueils qu'en un clin d'œil vous souhaitent les chouettes 6 Que nul n'ulule sorts ni formules Les hiboux c'est tabou 7 Leurre grisé aux alizés Nuée êtes- vous mouette 8 Frégate en vrilles qu'on colorie Point rouge et trait de jais 9 Les pélicans accostent quand des dorades sont en rade 10 Sous l'onde calme battent des palmes Les panards d'un canard
Robert Rapilly [in Vrac],
samedi 10 mars 2007 à 13:37
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