L’assignation nulle part
« L'assignation nulle part » esquisse un poème symétrique, assimilable à une sorte de négatif photographique de L'invitation au voyage. Le premier jet ci-dessous gagnera sans doute à prospecter finement le lexique, en quête de mots sombres familiers de Baudelaire...
Toi fictif aïeul, ne ravive au deuil d’ici périr sans réponse sauf morne bourdon : morne d’abandon, d’exil sur la lande absconse ! L’informe huis clos de bas-fonds pâlots m’enceint, contingence mièvre dont secret ni fard au neutre regard n’ont humecté ta paupière. Là rien, mais hideux chaos, pauvre nausée et fléaux. Périmètre nu, l’à peine advenu corromprait, rêche, le vide du plus vague champ fané s’asséchant en quelque effluve insipide ; dans l’opacité pavant la cité de laideur occidentale, une sourde voix graverait des lois d’expiation létale. Là rien, mais hideux chaos, pauvre nausée et fléaux. Détourne les yeux des torrents boueux farouches contre l’épave, vigie alarmant d’infini tourment le sans lieu Volant Batave. – Saturne dressé creuse le fossé, son caniveau s’en épure la lie au chiendent ; l’ombre haut s’étend, ubac d'aveugle froidure. Là rien, mais hideux chaos, pauvre nausée et fléaux.
Robert Rapilly [in Vrac],
samedi 14 juillet 2012 à 12:36
Lien permanent #273. Fil rss des commentaires
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.