Le blogue de Robert Rapilly

On vit (2)

Je m’en vais pays très lointain,
là dort pulpe qu’a jeune mûre.
La mort pas plus que je ne dure
élit moins ventre et jette pain.

Dans son délice sans chemin,
rompre va la vive soudure.
Ouvrons livre d’aveux : sa pure
lice est chance, dansons demain.

Au buste s'y ressemant, plonge
crise devant l’affine aimant,
tôt se perce subtil mensonge.

Pour espèce collatérale,
finalement deux écrivant
colère, espace, lourd pétale.

Un vers sur deux est inspiré du Lais de François Villon, et rime avec un vers « anaphone » (composé des mêmes sons).

On vit (1)

Où descend l'eau va route calme
Bulle et chose seraient drapeaux
Val ou corps et sans doute l'âme
Belles roses sur des chapeaux

Amie au ciel bois de Vincennes
Eh vous soûlez petite fleur
Abolissez voix demain siennes
Et sous les voûtes fîtes pleur

Le rais que l'orange évent danse
Avions offre éperdue en plaids
Lot requérant d'elle vengeance
François Villon dupe épair lais

Fidèle jeûne y manque agate
Qui ne mange figue et la datte

Les couples rimants de vers forment contrepèterie discrète, à l'écart de la tradition subversive ou obscène. Notez qu'en picard lillois (c'est ainsi que j'entends et cause) é = è = ê = ai ; il arrive aussi dans le Nord que « o », « ô » & « au » dévient de la norme française ; etc.

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