vendredi 11 août 2017
Sonnet à rimes impossibles
En passant par le site Carnets paresseux, le sujet des orpherimes m'a fait replonger aux archives de mon ordinateur. Précisément un sonnet inspiré du Cygne de Mallarmé sur des rimes inexistantes en français, proposition de Gilles Esposito-Farèse à la liste oulipo en février 2002 :
- icre
- èple
- agle
- odre
- ousme
Cliquez ici pour lire diverses réponses listoulipiennes à l'époque. Texte ci-dessous légèrement retouché 15 ans après — entre-temps je suis devenu sensible à des points jadis indifférents.
La serge s’assouvit biais rebelle et drap d’huicre Gracile ou modelée affecte un coupon klèple Sur l’axe déplié Queneau glisse la guêple En phosphorant drapier dont le col rajusticre Son signe certes foi cherche au vent l’accès d’Hycre Morne gris maquillant anse et bois éthélèple Courbe noire étanchée on réagit au vèple Sans qu’un périlleux vers eût expié l’énicre Sourd ton sol sec hourra sous ta gangue mortagle Parle et passe et figé voile ce qu’il énagle Mène à l’Azur l’envol houle en hommage prodre Toute ombre passe mieux au port les clés d’Hassousme Lisse folle hélice oh plonge droit où vers l’Odre Mallarmé vit l’esquif d’aucun isthme et nul ptousme.
PS — Quatrain bonus. Un enjambement déchirant scinde les mots "lequel" et "ressuscité". Ça complique le décompte (et la diction) d'octosyllabes sur deux rimes orphelines, "muscle" & "sépulcre" :
Moby Dick secrète du musc, le- -quel déborde, terrible muscle : l’océan vert le mue en Hulk res- -suscité d’abyssaux sépulcres.
Trois autres quatrains de même facture ici.
Robert Rapilly,
vendredi 11 août 2017
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