Ce billet s'inscrit dans la lignée des Conseils à un jeune auteur d'Éric Angelini...

L’exercice de style est paradoxal
de rimes riches sur la pauvreté ;
décasyllabes "héroïques" = 4 + 6.

Lapin l’Auvergnat —

Quand sonnent creux nos plat tasse bol huche
Sans feu de joie ou narguilé mental
Fuit la ballade à Brassens à Coluche
À zéro bout de pain ni d’emmental

Maigre une arête en ersatz de pitance
Reprisera quoi des trous de manteaux
Pendus au cintre on dirait la potence
Et ses carcans sur nos troubles mentaux

Tout se confond car la déprime triche
Sage dicton dit "d’Oreste-Heidegger"
Ça se saurait si qu’une rime riche
Fût à la carte onc aux restaus du cœur

Peau de lapin chauffe le misérable
Entendez là ce qu’un pull-over n’oit
Or l'animal porte chemise et râble
Faute d’humain c’est lui notre Auvergnat

Exercice réciproque :
des rimes pauvres qui
traitent de richesse.

Nanard Arnaud
il a du pot,
la rime est pauvre
mais pas son coffre.




Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément...

"L’Art poétique" de Nicolas Boileau
nous enjoint de fuir des formules &
des termes qui soient abscons. Cela
ne l’empêche pas aussitôt d’évoquer
"l’orgueilleux solécisme" et autres
concepts linguistiques de haut vol.
Prenons le contrepied du Maître : à
savoir versifier de façon simpliste
la défense d’une poésie hermétique.

Contre Boileau —

Faire un poème,
il faut des mots
qu’on trouve à peine
dans les dicos.

Et des noms rares
tout pleins d’Y,
ça dit des phrases
de style avec.

Que du mystère
sur du joli
vocabulaire
de la bibli.

Quand ça défile,
tant pis le sens
trop difficile,
tant pis les gens.

Vu qu'un poème,
faut être OK
pour un problème
très compliqué.