Métatogs
À l'occasion de l'éclipse du 12 août 2026, voici une version lipogramme d'un métatog maximal de Gilles Esposito-Farèse en 7 vers de 2 & 13 syllabes. Le grec antique "ékleipsis" a donné le mot éclipse d’après "ek" (hors de) et "leipô" (retirer) : parenté étymologique avec "lipogramme" (retirer une lettre)... d’où l'idée d’une traduction sans E du poème original de Gilles.
Sun Râ : Miss Moon l’y côtoya dans un rictus quasi rubicond. Son bisou accoucha d’un opportun clair-obscur. Mais avant la fin l'horizon s’y tint à l’affût, la nuit grandit.
Encore d'après Gilles Esposito-Farèse (La Fontaine en renfort), un métatog en 41 vers de 7 & 3 syllabes —
La Cigale, ayant chanté Tout l’été De beauté Habité, Se trouva fort dépourvue Quand la bise fut venue : Pas un seul petit morceau De cuisseau Ni gousse au Vermisseau. Elle alla crier famine Chez la Fourmi sa voisine, La priant pour subsister De prêter Un goûter Au chester Jusqu’à la saison nouvelle Promise à la ritournelle, À la treille, au pampre, au moût... — Et surtout, Quant au coût, Avant l’août, Dès la première cueillette, Je paierai, foi d’animal, Intérêt et principal Sur ma dette. La Fourmi, parmi la faune, Ne pratique pas l’aumône : — Me cherche-t-on un défaut ? Peu me chaut, S’il vous faut Un fricot ! Dit cette avaricieuse À la Cigale emprunteuse. — Mais... sans gages ni cachets, Je cherchais Et trouvais, ne vous déplaise, Mon content En chantant. — Vous chantiez, j’en suis fort aise. Eh bien, dansez maintenant !
Robert Rapilly [in Vrac],
samedi 29 août 2026 à 17:17
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