vendredi 11 avril 2008
Cheyenne de vie
Annexe épurée des épisodes 1 à 15 de la Ballade à Montcalm. La prosodie en jeu dévie ces hexasyllabes de la pure tradition des vers dits « de mirliton » ; il y a un contrepoids à la désinvolture affichée. La motivation initiale était : observer ce que produit la collision entre esprit potache et les sévères prescriptions de Théodore de Banville ; comment calembours, rimes trop riches ou contrepèteries s'accommodent des règles d'alternance et de liaison supposée, de métrique stricte sans e caduc, de prohibition d'hiatus.
1 - Hurons de fumée Ma tante étant hippie sa hutte est un tepee au milieu d'un gazon bleu jusqu'à l'horizon Son chef fiché de plumes suspendu dans les brumes ondule en vol plané où passe son poney L’amazone épatante et néanmoins ma tante a cueilli du nectar d’ onirique pétard Elle rentre en son antre Un bon feu flambe au centre Les murs de la maison sont en peau de bison Cet habitat tipique tient aux pieux que l’on pique sans hauban et sans lest sous le vent du Far-West Elle embrase sa pipe près la potée à tripe C’est ainsi qu’allumait Sitting le calumet — T’es telle que nous fûmes Face aux soucis tu fumes fronçant force sourcils souffle Taureau-Assis Ma tante étant hippie sa hutte est un tepee Elle y fume des joints songeant — J’hume des foins2 - Qui vivra verrat Ma tante étant hippie sa hutte est un tepee Elle a des mocassins en peau de marcassins Que clean et qu’éclatante et que nette est sa tente ! L'hôtesse des tipis sait taper ses tapis Un jour qu'elle balaie le sanglier, la laie la hèlent — Nous cherchons qui cache nos cochons qu’à droite ou gauche on aille... — Bingo la cochonnaille aux gorets égarés z’êtes guère gourés ! Lors qui donc assassine ceux de la gent porcine les étalant d’un choc de létal tomahawk ? Se peut-il qu’on tronçonne et cochon et cochonne corps équarris sur un étal par son surin ? Et qu’en plus qu'on devienne maroquinière indienne l’on remplisse aussi son saloir de saucisson ! Ma tante étant hippie sa hutte est un tepee Damned les beaux souliers en poils de sangliers
Robert Rapilly,
vendredi 11 avril 2008
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