Le plus court chemin du bonheur
Drame en 3 actes
PERSONNAGES
Hipparchia la pédagogue
Alexandre le roi
Xéniade l'ombre du roi
Diogène le cynique
ACTE PREMIER
Scène première - Hipparchia.
HIPPARCHIA.
Où et quand ? Posons le décor du Métroon et la question du logement aujourd'hui, vers 333 av. J.-C. : Diogène a écrit afin qu'on lui indiquât une petite maison ; comme on tardait à lui répondre (1), il a pris pour demeure le tonneau que voilà. Mais, à ce qu'on dit, il trouve grâce devant Alexandre. Sur simple demande, il pourrait jouir d’une villa, d'un palais, d’un empire ! Attendons : voici le roi qui passe. Action !
Scène II - Alexandre, Diogène.
ALEXANDRE, pour lui-même.
Si je n'étais Alexandre, je voudrais être Diogène !
(Il s'approche de Diogène qui somnole au soleil.)
Je suis Alexandre le grand roi.
DIOGÈNE, ouvrant l’œil.
Et moi, je suis Diogène le chien. Moins qu'un chien. Beneath the underdog. Yes, sir.
ALEXANDRE.
?
DIOGÈNE.
!
ALEXANDRE.
…
DIOGÈNE.
Nous n'avons rien à nous que le temps, dont jouissent ceux mêmes qui n'ont point de demeure. Nous vivons pour marcher sur la tête des rois.
(Rideau)
ACTE II
Rien n'arrivera à l'acte II.
L'écoulement du temps s'est figé. Les 3 personnages de l'acte premier gardent leur pose : Hipparchia observe Alexandre, vertical et sans voix face à l'indolence assise de Diogène.
Passe le spectral Xéniade, qui flotte dans le Métroon à la recherche d'Alexandre.
Scène zéro - Xéniade.
XÉNIADE, comme habité par Niccolò Machiavelli.
Et qui devient seigneur d'une cité accoutumée à vivre libre et ne la détruit point, qu'il s'attende d'être détruit par elle, parce qu'elle a toujours pour refuge en ses rébellions le nom de liberté et ses vieilles coutumes, lesquelles ni par la longueur du temps ni pour aucun bienfait ne s'oublieront jamais. Et pour chose qu'on y fasse ou qu'on y pourvoie, si ce n'est d'en chasser ou d'en disperser les habitants, ils n'oublieront point ce nom ni ces coutumes.
(Rideau)
ACTE III
Scène première - Alexandre, Diogène, Xéniade.
ALEXANDRE.
…
DIOGÈNE.
Tu ne sais plus parler sinon pour condescendre ? Hormis l'alexandrin, qu'entends-tu, z'Alexandre ?
ALEXANDRE, prenant Xéniade à témoin en désignant du doigt Diogène.
Qu’il me demande ce qu’il veut, lors il l'aura !
XÉNIADE, réprobateur.
Mais…
DIOGÈNE, fixant Alexandre à contre-jour.
Ôte-toi de mon soleil.
Scène II - Hipparchia.
HIPPARCHIA.
Etc.
(à suivre)
(1) Rapporté tel quel par Diogène Laërce dans "Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres".
Robert Rapilly [in Un chien céleste],
mardi 20 novembre 2007 à 14:35
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