Le blogue de Robert Rapilly

Errata dans La Nouvelle Revue Moderne

Numéro 21 de La Nouvelle Revue Moderne, lisez page 41 :
reliures et non reliure au singulier (sans quoi le sonnet fautif ne serait plus palindrome) ;
et page 42 :
encor t'émeuve et non encore t'émeuve (qui compterait 5 au lieu de 4 syllabes).

Or donc, si la revue vous tombe dans les mains, ajoutez le s absent et couvrez de blanc le e surnuméraire !

Quinine de table

Musique de Pastior et quinine au repas
Tino dans le jardin aperçoit une orange
Il pose une question qu’est cette pâquerette
Au père a demandé c’est quoi comme nuage
Le père a répondu la fleur est une fleur

Pèle-moi ce nuage orange de jongleur
Le père l’a scindée en six parts de compas
Il prélève une tranche à lui dans le partage
Le père a précisé la tranche est une tranche
Et Tino qui l’entend mange dans son assiette

Il dit que le nuage est nectar pour l’insecte
Au père a demandé quelle en est la teneur
Le père a répondu nuage n’est pas ange
Mais l’orange est restée orange n’est-ce pas
Tino dans le jardin y voit une limace

Le père voit un chien petit chien de Calabre
Se demande que fait au jardin la comète
Interroge d’où vient cette pluie ici-bas
Tino dit la comète à queue est une erreur
C’est orange bicorne et quinine en mélange

Le père l’a pelée et tient sous la phalange
Une tranche de pluie une tranche d’orage
Tino qui donnera la tranche au ramoneur
Entend voici la neige il y répondra chouette
Quand le père aura dit tranche de patatras

        

Quinine d'après « Musique de table » d'Oskar Pastior

Quatrine tétracéphale d'Alexandre

Quatrine - à supposer que fût tétracéphale -
advint quand trois joueurs attablés au salon
laissèrent le roi mort dans la paix sépulcrale,
n'en retenant qu'un vers, immuable jalon.

Chacun garda son mot. L'un copiant « jalon »
et l'autre qui rima tantôt « tétracéphale »
laissèrent le roi mort dans la paix sépulcrale.
Ne tournaient que valets : funéraire salon

autant que littéraire, à propos de salon.
Nos joueurs s'activaient, et tous posant jalon
laissèrent le roi mort dans la paix sépulcrale...
d'où le trèfle a jailli comment ? Tétracéphale !



Quatre n'est pas un nombre de Queneau, puisque le vers 3 conserve sa position de strophe en strophe. Seuls les vers 1, 2 et 4 permutent, dans l'ordre d'une terine.
Cette quatrine pose les règles d'un jeu de société auquel participe un mort, comme au bridge ; la feuille passe de main en main entre les poètes vivants. On s'y essaiera vendredi 10 octobre 2008 au Prato à Lille.
Le vers « Laissèrent le roi mort dans la paix sépulcrale » est d'Hugo (Légende des Siècles, XVII La Massue).

Quinine triste

Belle de Cadix
Juan Martin Diaz
Scrute ton volet
Delà la paroi
L'exil le diffame

Fin d'épithalame
C'est de profundis
Orphée oit d'effroi
Qu'Eurydice hélas
Au Styx s'en allait

Fatum feu follet
Où bout amalgame
De soufre et de gaz
S'enclenche la vis
D'Érèbe au charroi

Vivace opéra
Et vierge ballet
Un cygne jadis
Secoué rétame
Horreur patatras

Point l'or de Midas
Touchant désarroi
Sans carte sésame
Ni rien qu'il fallait
Au jeu je perdis

Sans as roi ni dame
Ni valet ni dix
Règne neuf



Quinine au sens de Queneau (augmentée d'une tornada) :
5 strophes de 5 vers pentasyllabes ;
permutation gidouillesque des rimes sur
dix-as-valet-roi-dame
dame-dix-roi-as-valet
valet-dame-as-dix-roi
roi-valet-dix-dame-as
as-roi-dame-valet-dix

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