lundi 5 janvier 2009
Écoutez la chanson bien douce
Lipogramme : traduction de « Écoutez la chanson bien douce » de Paul Verlaine sans la lettre E.
Alternance embrassée de rimes vocaliques et consonantiques.
Oyons l’air doux dont la chanson sanglota pour ton bon plaisir : courant qui, subtil à bondir, sur un fucus glissa frisson ! Jadis on a connu la voix qu’aujourd’hui l'hiatus au cri sourd taira dans un chagrin trop lourd. Pourtant, sous son litham tu vois ondulation aux tissus : un palpitant grain automnal masqua puis, donnant clair signal, fusa, star à rayons diffus ! La voix m'a dit, qui nous convainc, qu’onction abolît hasard : un courroux conduit au brouillard ; or, tout a fui quand mort advînt. Aussi ça causa du cossu, autant d’aplomb qu’instant furtif, où l’on unit d’or primitif la paix au profit sans vaincu. Abritons la voix qui dura chant nuptial, naïfs accords ; va, nul quatrain n’adoucit fors plus qu’avoir fors qui sourira. Qui l’affliction d’ingrats jougs sans un bruit aura su souffrir, par tornada sacra martyr !... Oyons la chanson d’air tout doux.
Traduction opposée : E pour seule voyelle.
Alternance embrassée de rimes masculines vocaliques & féminines consonantiques.
Entendez en verve bercer spleen et détresse ; j’en révère l’ente réservée et légère : herbe effervescente et verger. Sentence chère de secrets, le présent ébréché l’enferme, femme de cendre et crêpe en berne. Certes préservés, ses reflets entre cernes de vêtement tremblent, et le vent de septembre recèle et révèle le centre de legs réglé : l’éther ne ment. Elle prêche - expert jet de dés - zèle pénétré de clémence ; germe véhément met semence de nèfles chez les décédés. Elle célèbre le respect d'être en netteté : le temps presse ; et se fête tendre kermesse, emplette exempte de débet. Recevez-le : ce verbe rend l’effet de blême messe ensemble. Pensez, tel remède est l'exemple : dépêtre d’échec précédent ! Elle erre en gêne, fret lesté de géhenne, décence et thrène. De ses lettres le sens s’éprenne !... Entendez en verve Léthé.
Ici une autre traduction du même poème.
Robert Rapilly,
lundi 5 janvier 2009
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