Un chant de Verlain
D'après Verlaine —
Écoutez la douce chanson au refrain qui pleure et vous plaît : discret et léger son couplet, eau sur de la mousse et frisson ! Connue et chère fut la voix, mais elle est voilée à présent comme une veuve s'épuisant ; pourtant, fière encore une fois dans les plis d'un voile ajusté palpitant de vent envahi, cache et montre au cœur ébahi une étoile de vérité. Voix reconnue, elle s'en vint dire que la vie est pardon, que de l'envie et la haine on se sera délesté défunt. Elle parle aussi de lauriers et de tout simple lauréat, de noces d'or, immédiat bonheur d'une paix sans guerriers. Accueillez la voix qui dit bien son épithalame ingénu. Allez, d'âme on n'a mieux tenu qu'âme d'esprit moins saturnien ! Elle est en peine à la façon d'âme qui souffre sans dépit, et comme sa morale luit !... Écoutez la sage chanson.
La version originale de Verlaine déroge à l'alternance, toutes les rimes en sont féminines :
Écoutez la chanson bien douce Qui ne pleure que pour vous plaire, Elle est discrète, elle est légère : Un frisson d'eau sur de la mousse ! (...)
Ici au contraire les rimes sont masculines, de plus vocaliques (consonnes finales muettes).
Là deux autres traductions, lipogrammes, du même poème.
Robert Rapilly [in Vrac],
mardi 16 décembre 2008 à 12:17
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