Le blogue de Robert Rapilly

Vœux élidés

Le Misanthrope, on lit scène III premier acte :

Mais, mon petit monsieur, prenez-le un peu moins haut.

L’alexandrin contraint d’élider l’e tonique :

Mais, mon petit monsieur, prenez-l(e) un peu moins haut.

Vœux ci-dessous idem, chaque fois à la rime :

Faut-il se taire parce
que l’on serait comparse ?
Combien aux bois sont morts de
peur que le loup ne morde ?

Échoué sur ce bar je
ne sombre pas en barge :
je m’y rêve Ben-Hur le
gladiateur qui hurle.

Spirituel dans l’art me
ferait peindre une larme...
allez dire que vieux ne
rime point avec jeune.

La vache pas les bœufs re-
cueillons-en le bon beurre.
Paraît-il un œuf mou se
monte moins bien en mousse.

La tatin sans retard te
fait défourner la tarte.
Eh ! franglais prononcez the
good year deux mille seize.

Occis oxymore

Sonnet selon la contrainte artémishémistiche : un bégaiement dissyllabique par césure et par rime.

Très haut ce long seul ongle, au nord honni d’onyx,
De saluts allumés soumettait météore ;
Dessiné cinéraire un œuf henni phénix
Dédia diamant qu’instille en faux l’amphore

Allée allégorie à l’homélie helix :
Maint aboli bolide essaima sémaphore,
(Là depuis est puisé de coloris l’oryx
par néant néanmoins que Corot corrobore.)

Mais fagots agonis, sers-je en sergent-major
Pour encrer dans crédence et squale escalator
Ma réplique ô licorne où l’impro lit prolixe

Tout Shiva quand, vacant oubli d’encore Angkor,
Proche sans quoi s’angoisse emprès soufi suffixe
Ce saint y scintillant le sais-tu septuor.
Effet artémishémistiche bien sensible lu à voix haute.
Ça prend ici tournure moins rigolote que précédemment,
vu que le bégaiement dissyllabique à chaque hémistiche
puise aux mots de Stéphane Mallarmé, grand le respect.
La syntaxe globale aussi est calquée du "sonnet en X",
une phrase unique dont parenthèse de deuxième strophe.

Décès déshérité d’Eddy Desdichado

Bégaiement dissyllabique à la césure et à la rime : la contrainte s’appelle Artémis-hémistiche, mot composé que l’on pourra greffer en artémishémistiche.

J’étais né ténébreux d’un sconse inconsolé,
solde acquis d’Aquitaine à La Baule abolie.
L’étoile mord le mort tant qu’Hans Tell constellé
n’a rissolé Soleil mêlant Mélancolie.

Dedans ton beau tombeau, Gascon sot consolé,
poses-y Pausilippe, hôpital, Italie...
Ce flop lésé plaisait, prix des os désolé ;
en le dupant, du pampre à Rosalie s’allie.

Quel effet-bus Phébus ? Quel habit rond Biron ?
L’astringent corps encor rougit la reine arène.
Pellagre hôte, la grotte aura ciré Sirène.

D’échevin cœur vainqueur j’ai laqué l’Achéron.
Matou, rat - tour à tour - le mentor fait Orphée,
lampant ta sainte absinthe où s’esclaffait la fée.

- Galabru Labrunie -

Sonnet composé à l’occasion d’un concours lancé par Nicolas Graner pour fêter le 400e Avatar de Nerval.



Post-scriptum - Deux quatrains artémishémistiches suivis d’une tornada :

Dis donc Didon n’a bu Nabuchodonosor
elle écarta Carthage et Syracuse accuse
Procol Harum à Rome étame état-major
pompé Pompée eut d’Oulipo l’hypoténuse

Qu’on fît confiteor
cela m’est dû Méduse
Dessus les toits l’étoile épice en pissenlit
cet aîné ténébreux d’inconsolé Solex
Mal acquis l’Aquitain des sabots s’abolit
pour plaquer l’Achéron sans osciller silex

Divaguons wagon-lit
mais n’inclinez Kleenex

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